Manifestation à Paris : « L’eau bout à 100 degrés, la France à 49,3 »

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POLITIQUE - Un rassemblement était organisé hier soir à partir de 18h devant l’Assemblée Nationale à Paris. Témoignage de la colère des Français suite à la décision du gouvernement d’avoir recours à l’article 49.3 pour faire valider la loi Travail.

Le Premier ministre Manuel Valls a évoqué l’utilisation du 49-3 hier après-midi, et un conseil des ministres extraordinaire, a validé cette décision. Le Premier ministre veut ainsi « éviter de revenir sur l’ambition et la cohérence du projet de loi » et déplore « une minorité de blocages », alors que le rapporteur du projet, le député PS Christophe Sirugue, avouait qu'il manquait 40 voix au Parlement pour l'approuver. Il n’en fallait pas moins aux sympathisants de « Nuit Debout » déjà très remontés par deux mois de manifestations massives contre le projet de “loi Travail”.

Plus de CRS et de journalistes que de manifestants

Quelques heures avant la manifestation, une page Facebook compte 2500 membres prêts à s’y rendre. A 17h30, il n’y a finalement qu’une cinquantaine de personnes sur le pont de la Concorde. Il y a effectivement plus de CRS et de journalistes au mètre carré que de manifestants. Est-ce la pluie qui a découragé les gens ? Une demi-heure plus tard ils sont une centaine, sur l’extrémité du pont et les trottoirs du quai d’Orsay et Anatole. Les CRS bloquent l’accès à l’esplanade de l’Assemblée et essayent de maintenir les gens sur les trottoirs, la circulation est dense, la situation est un peu tendue.

Un peu plus tard, un important dispositif de CRS est envoyé pour fermer l’accès au pont depuis les Tuileries. Les policiers sont partout, encerclant les manifestants et bloquant les entrées et les sorties : c’est ce qu’on appelle « une nasse ». Les premiers gazages ont lieu vers 19h pour tenter de repousser les plus téméraires.

Des fumigènes sur le pont et à l’extrémité de celui-ci, côté Tuileries, un pétard qui fait sursauter la foule, de petits groupes qui bloquent la circulation, un débordement au plus près des grilles de l’Assemblée, il n’en fallait pas moins pour que les CRS chargent, installant leurs camions pour repousser les manifestants. Ils sont coincés sur le pont, ou sur les trottoirs mais l’ambiance est calme, des slogans éclatent par moment : « La rue elle est à qui ? Elle est à nous » ou encore « 49-3 On n’en veut pas ». Puis voici Clémence, « la cantine », avec des gros sacs de sandwichs pour ravitailler les foules. 3h que les manifestants font le pied de grue.

Les CRS dispersent les manifestants vers 22h à grand renfort de gaz. 

Photo Lucile Huguet/Fréquence ESJ