• Accueil
  • Info
  • Politique
  • Législatives à Paris : Charles Beigbeder entre dans la course

Bernard Cazeneuve aux Amis du Crif : « L’état d’urgence n’est pas un prétexte pour contrer ceux qui ne pensent pas comme nous »

bernard-cazeneuve-crif-2016-photo-fesj-lucile-huguet.png

POLITIQUE - Le ministre de l’Intérieur était hier soir l’invité des conférences des Amis du Crif, qui se tenait au sous-sol de l’hôtel Intercontinental à Paris. Pendant une heure et demi, le ministre a répondu aux questions, mais il a également tenu à rassurer la communauté juive de France.

La salle est bien moins remplie que pour la venue d’Emmanuel Macron au mois d'avril. Entre 200 et 300 personnes seulement sont venues écouter le ministre de l’Intérieur. Dominique Rizet, journaliste et consultant police/justice pour BFM TV, ouvre la séance par le traditionnel portrait de l’invité. Le ministre sourit à quelques allusions sur son passé, et en ce qui concerne son futur, il confie ne souhaiter devenir « ni Premier ministre ni président de la République, car [son] poste lui offre un certain confort de travail. »

Les mots de Dominique Rizet feront pourtant mouche : « J’ai connu 18 ministres de l’Intérieur, vous avez été le plus éprouvé par l’actualité… Et ce n‘est pas fini. » Le ton est donné, la conférence portera essentiellement sur la menace terroriste qui pèse sur la France. Bernard Cazeneuve rassure : lui, son cabinet et ses collaborateurs sont entièrement dévoués à la sécurité des Français. Il y a bien un pilote dans l’avion Place Beauvau, et il affirme ne jamais vouloir céder face au terrorisme. Bernard Cazeneuve qui ne dort « que 4h30 par nuit » et « déteste les dîners en ville », cite Mendès France alors qu’il est interrogé sur la question de l’organisation des « Nuit Debout » pendant l’état d’urgence : « Cet état d’urgence n’est pas un prétexte pour contrer ceux qui ne pensent pas comme nous. Je suis attaché aux valeurs de la République et même si je ne suis pas d’accord avec eux, je me battrai pour qu’ils puissent le dire. »

« Je ne laisserai pas les forces de l'ordre être insultées par des groupuscules »

Alors que Bernard-Henry Lévy fait une entrée remarquée dans le salon de l’hôtel, Bernard Cazeneuve confie que la menace terroriste n’a jamais été aussi élevée dans le pays. Une confidence non pas faite pour alarmer mais par soucis « d’honnêteté intellectuelle » rappelle -t-il. Pour lui la solution se trouve essentiellement dans la coopération européenne : « L’Europe met trop de temps à prendre des décisions et à les appliquer. Les terroristes se sont adaptés à nos méthodes de travail et l’analyse des données chiffrées, des documents, des messages cryptés prend du temps. » Il se félicite toutefois de la coopération du RAID, du GIGN et de la BRI lors des derniers attentats qui ont secoué la France et promet que désormais, « l’absence de communication entre les services est terminée. »

« Je protégerai avec une détermination totale nos amis de la communauté juive »

Interrogé sur la sécurité des lieux de culte, le ministre rappelle les heures sombres de l’histoire française, et notamment le rôle de l’administration dont il est responsable aujourd’hui. C’est pourquoi il est « autant attaché à la communauté juive », dit-il. Le ministre de l’Intérieur annonce la mise en place d’un nouveau dispositif : une patrouille pédestre aux abords des lieux de culte et pendant les offices dans quelques synagogues d’Ile-de-France. Si le dispositif rencontre le succès espéré, il sera alors élargi au reste du pays. Bernard Cazeneuve se félicite également de la baisse de 80% des violences contre les juifs sur les premiers mois 2016, même s’il continuera de se battre contre « cette monstruosité qu’est l’antisémitisme ».

« Pourquoi la France a-t-elle voté cette résolution de l’UNESCO ? »

Le ministre sourit à la question, s’étonnant qu’elle n’arrive pas plus tôt. Pour lui la résolution est mal rédigée et il ne fallait pas la voter en l’état. Il ne dira rien de plus, se retranchant derrière la loyauté de sa fonction politique et la tribune du grand rabbin de France Haïm Korsia : « Tout y est dans cette tribune, et je respecte sa position. »

Photo Lucile HUGUET/Fréquence ESJ

Derniers articles

Dernières vidéos