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Opération séduction pour Emmanuel Macron à la conférence des « Amis du CRIF »

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REPORTAGE - Il est 20h30, mardi 12 avril, et les quelques 200 personnes installées dans le salon du sous-sol de l’Hôtel Intercontinental le Grand, attendent le ministre avec impatience. Il faut dire que certains sont là depuis 19h00 et ils leur tardent de poser une question à l’homme politique. Pierre-Francois Veil, fils de Simone Veil, Paul Rechter, directeur exécutif de l’agence Publicis France et le maire du 3ème arrondissement de Paris, Pierre Aidenbaum sont présents dans la salle. Sifflets et hués accueillent le ministre quand il arrive enfin avec vingt minutes de retard. Roger Cukierman ouvre la séance de débat, remercie Emmanuel Macron de sa présence puis le journaliste Nicolas Beytout dresse un rapide portrait de l’ancien employé de la banque Rothschild. Il termine son portrait par une question directe : « Quel est le projet de votre mouvement “En marche” ? »

Emmanuel Macron commence par présenter ses excuses pour son retard : « n’y voyez pas une forme d’aristocratie ». Puis évoque son refus de voir le pays sombrer. Il ne pouvait faire autrement que d’agir contre les blocages politiques du pays. Il veut rassembler les bonnes volontés avant la présidentielle et tacle ceux qui veulent revenir au pouvoir alors qu’ils n’ont pu changer les choses par le passé. Il déplore le schisme entre le peuple et les politiques. Il évoque rapidement le « formidable » mouvement Nuit Debout, mais assure néanmoins que la régulation du travail doit revenir aux syndicats et moins à l’Etat. Il poursuit en confiant avoir hâte de lancer son porte à porte pour aller voir ce que « le pays a dans le ventre en terme d’attentes ».  

« Les gens savent, ils ont des idées. Je veux créer un mouvement avec une forme d’horizontalité originale. » La question de l’organisation d’un tel projet est posée par Nicolas Beytout, le ministre balaye les inquiétudes d’un geste de la main, chaque chose en son temps, l’équipe sera constituée dans les semaines à venir. Il y aura une implication physique, territoriale et numérique assure le ministre. Pour ce qui est des propositions du mouvement... Il parviendra à éluder toutes les questions.  

Vient ensuite la question de la représentation de ce parti, est-ce que M. Macron s’en chargera? Sûr de lui il rétorque que si son mouvement affaiblit le président de la République, ce qui n’est pas le but, il n’hésitera pas à quitter le gouvernement pour s’investir au maximum dans cette nouvelle dynamique qui lui permet actuellement de mieux faire son travail.  

« La société change, elle est peu propice au consensus »

Le ministre s’est ensuite prêté aux questions des adhérents du CRIF, entre inquiétudes face à la montée des violences envers la communauté juive, l’explosion de l’Europe, clivée plus que jamais, la loi de modernisation de l’économie (la loi Macron) qui peine à se mettre en place, une femme explose et confisque la parole : «il faut parler des vrais problèmes : le chômage, la précarisation des jeunes... » La foule la presse de se taire pour laisser le ministre répondre : « le temps démocratique est lent, la politique graduelle n’est plus possible. Il faut dépasser la dynamique politique actuelle si on veut changer les choses. Il faut également retrouver une plus grande compétitivité et investir dans l’innovation pour rendre la société plus mobile et dynamique. » Il ne reste plus aux Français qu’à s’armer de patience jusqu’à ce qu’on frappe à leur porte. 

Photo Fréquence ESJ/Lucile HUGUET

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