Harlem Désir : « me battre au niveau européen pour promouvoir un développement durable et responsable »

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INTERVIEW - Secrétaire d’État aux Affaires européennes, aux côtés du ministre des Affaires étrangères et du développement international, Harlem Désir a assisté  à la COY11 (Conference of youth), la conférence des jeunes pour le climat, vendredi 27 novembre.

Fréquence ESJ : Que pensez-vous de l’organisation de la COY11, de l’initiative des jeunes ? 

Je crois, d’abord, que c’était très important que cette année, de nouveau, il puisse y avoir une COY. C’est la 11ème, comme vous venez de le rappeler. Les décisions qui vont être prises, pendant la COP21 par les chefs d’État et de gouvernement, ne vont pas être prises pour eux, mais pour les générations futures. Et donc il faut que les jeunes se fassent entendre. Il faut qu’ils exercent une sorte de pression. Et je crois que ça va nous aider, ça va aider le président de la République, ça va aider le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius qui préside la COP, à convaincre  leurs collègues, les autres chefs d’Etat et de gouvernement, les autres ministres, qu’il faut prendre des décisions audacieuses qui vont entrainer des changements dans la façon de consommer l’énergie, d’organiser les transports, d’organiser nos industries. Décisions qui vont peut-être demander des efforts mais qui sont indispensables si l’on veut que la planète reste vivable. C’est très important aussi qu’il y ait autant de jeunes, qui, à l’occasion de la  COY, s’informent, prennent des engagements, prennent conscience de ce qui sera nécessaire dans les années qui viennent.

FESJ : Quel engagement avez- vous pris sur le stand BeLeaf à l’instant ?

Je crois m’en souvenir. C’est un engagement assez clair, assez simple. Mais en même temps assez ambitieux. C’est de me battre  au niveau européen  pour promouvoir  un développement durable et responsable. Cela veut dire qu’il faut que l’Europe montre l’exemple. C’est vrai que c’est sans doute plus difficile pour des pays  plus pauvres, pour des pays qui n’ont pas les mêmes  technologies  que d’autres. On pourrait se contenter d’affirmer qu’on est les « meilleurs ». C’est vrai que l’Europe avait ratifié, avant les autres, le protocole de Kyoto, que là aussi nous avons pris des engagements : réduire par exemple, nos émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici à 2030. Mais il ne faut pas s’en satisfaire. Il faut d’abord vraiment respecter ces engagements, que tous les pays de l’Union Européenne le fassent. Cela va demander encore beaucoup de  travail, beaucoup de conviction. Ne plus utiliser le charbon, par exemple, pour produire de l’électricité, diminuer l’utilisation des ressources fossiles d’une façon générale, notamment pour les transports. Et surtout aider les pays du sud, transférer nos technologies, transférer nos savoir-faire en matière d’énergies renouvelables, d’énergies solaires, l’utilisation de l’énergie éolienne. Aider à ce que les autres ne fassent pas les mêmes erreurs que nous  au XXème et au XIXème siècle. Cela, ils ne le feront pas s’il n’y a pas une solidarité et une mobilisation européenne.

Photo COY11