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Thierry Solère : « Oui, je pourrais prendre en charge un réfugié »

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ENTRETIEN - Pour Fréquence ESJ, le député les Républicains de la 9e circonscription des Hauts-de-Seine Thierry Solère, notamment chargé de superviser la primaire ouverte à droite en 2016, livre sa vision de la crise des migrants. Réforme du droit d’asile,  accueil des réfugiés sur le sol français et intervention au sol en Syrie, le bras droit de Bruno Le Maire dit tout.

Avec sa cravate bien droite, sa chemise blanche, Thierry Solère ressemblerait presque à un professeur d’université. Et pour cause, à grand coup de « premier point, deuxième point », l’édile se veut pédagogue lorsqu’il s’agit d’évoquer la situation des réfugiés affluant vers l’Europe depuis des mois ; un sujet que le député estime « éminemment compliqué ».

Thierry Solère n’ignore pas le sentiment des Français sur la question. Alors que BFMTV a dévoilé un sondage montrant que 53% de la population est désormais favorable à l’accueil des réfugiés, il sont encore 47% à se montrer hostiles  à cette idée (un sondage effectué une semaine après la publication de la photo d’Aylan, un enfant kurde retrouvé mort noyé sur une plage turque).

La raison ? Le manque de pédagogie argue l’élu. « La France connaît une exaspération sur les sujets de l’immigration car elle est multiforme. A l’immigration de travail, s’ajoute celle liée au regroupement familial ainsi que celle liée aux conflits politiques.  La France a un problème tout court avec l’immigration car elle ne fait plus la différence entre l’immigration politique et économique. »

Mais la principale cause de la réticence française semble d’abord résider dans le déclin économique du pays d’après Thierry Solère. « Quand vous vous appauvrissez, vous commencez à devenir égoïstes. Il y a un égoïsme en France lié à l’appauvrissement de la population. »

Alors que faire face à ce constat ? Laisser dire, laisser faire ? Très peu pour le député des Hauts-de-Seine qui préfère évoquer une solution législative : la réforme du droit d’asile. « On a dévoyé le droit d’asile. Si on veut sauvegarder ce dispositif qui constitue l’honneur de notre pays, il faut le réformer d’urgence. 84% des demandeurs d’asile sont aujourd’hui déboutés. La procédure de jugement dure un an et demi. Quand ils sont déboutés, les gens interjettent appel. A cause de cela, ces personnes se retrouvent en France depuis trois ans et ne sont plus expulsables. Cette procédure est utilisée comme une voie d’immigration nouvelle et irrégulière. Il faut faire en sorte de raccourcir les délais de procédure. De même, les gens qui ne sont pas éligibles au droit d’asile ne doivent pas pouvoir rester sur le territoire national. »

Accueillir sans distinction

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Thierry Solère n’est cependant pas le seul à droite à proposer des réformes liées à la régulation des phénomènes migratoires. Ainsi, Nathalie Kosciusko-Morizet a récemment plaidé pour  restreindre le regroupement familial, afin de limiter l’immigration économique vers la France. Pour le député des Hauts-de-Seine, il est « assez indigne de dire qu’on accepte que quelqu’un vienne légalement travailler mais que l’on refuse que sa femme et ses enfants l’accompagnent », et de poursuivre, « moi les gens qui vous font des idées simplistes sur des sujets si compliqués, ils ont beaucoup de chance, mais ce n’est pas mon cas. »

Autre responsable politique à faire les frais des critiques de l’édile, décidément réticent à toute forme de simplification sur le sujet des réfugiés, le député-maire LR de Roanne Yves Nicollin. Ce dernier a notamment déclaré vouloir accueillir des migrants à la seule condition qu’ils soient chrétiens. « Je ne me reconnais en rien dans ces propos assure Thierry Solère. Toutefois, je ne suis pas naïf. Bien sûr qu’il y a la problématique du terrorisme. Cependant, quand vous voyez un enfant en train de mourir parce qu’il se noie en Méditerranée, je ne regarde pas sa couleur de peau, je ne m’occupe pas de savoir s’il est chiite ou sunnite ou de savoir s’il est juif ou chrétien. Ce n’est pas le sujet. »

« Pourrais-je prendre en charge économiquement un réfugié ? Oui, je le pourrais »

Et l’élu des Hauts-de-Seine va même plus loin. Si François Hollande a déclaré ne pas accueillir de migrants à l’Elysée, Thierry Solère, lui, ne semble pas opposé  à cette idée. « Pourrais prendre en charge économiquement un réfugié ? Oui, je le pourrais. J’ai quatre enfants qui dorment dans la même chambre, et ce serait néanmoins matériellement compliqué, mais il y aurait toujours de la place chez moi. Toutefois, pour être honnête, je ne crois pas que cela soit la clef du problème. L’Île-de-France dispose d’un parc HLM au tiers vide. On pourrait réquisitionner cet espace afin d’accueillir des réfugiés ».

L’autre solution à mettre en œuvre selon Thierry Solère n’est pas interne, mais internationale. A l’instar de Bruno Le Maire qu’il soutient, il plaide pour une intervention au sol en Syrie. Cette intervention terrestre doit, selon lui, s’articuler autour d’une coalition internationale et politique. Ainsi, cette dernière « doit englober le monde arabe dans sa diversité : l’Egypte, la Turquie, les pays du Golfe…Doivent également y prendre part la Russie, la France ainsi que l’ensemble des forces de l’OTAN. »

Photos Louis Chahuneau/Fréquence ESJ

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