Patrick Mennucci (PS) : « le Front de gauche ne voit pas que la société a évolué »

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INTERVIEW/VIDEO - Invité de Fréquence ESJ mardi 16 juin, Patrick Mennucci est revenu sur l’actualité politique et internationale de la semaine. Une actualité dominée par l’usage de l’article 49-3 pour faire passer la loi Macron à l’Assemblée nationale. Le député socialiste des Bouches-du-Rhône, Patrick Mennucci s’est aussi exprimé sur les divisions internes au PS et sur l'élection présidentielle de 2017.

Interrogé au sujet des critiques dont fait l’objet la France sur sa politique d’accueil des migrants, Patrick Mennucci a tenté de défendre le pays en déclarant : « Ce que je pense c’est que sur le système des quotas, la France assume ses responsabilités contrairement aux autres pays Européens. »

« Il n’y a pas de solution, tant qu’il n’y a pas d'argent en Afrique ! »

Bien que favorable à l’installation des immigrés dans des centres d’accueil français, le député PS a tout de même rappelé qu’« il n’y a pas de solution, tant qu’il n’y a pas d’argent en Afrique » et que la meilleure chose à faire serait « de développer chez eux et pas de les installer chez nous ».

L’actualité politique concernait, elle, l’usage de l’article 49-3 par le Premier ministre pour faire passer la Loi Macron à l’Assemblée nationale, sans avoir besoin de l'ouvrir aux votes. Désemparé par les parlementaires qui « sont dans des postures politiciennes et non dans la réalité », Patrick Mennucci a défendu la méthode employée par Manuel Valls et a rappelé que l’article 49-3 faisait bien partie de la Constitution : « la Constitution ne peut pas être un abus » soulignait-t-il. Rappelons qu’en 2006 puis en 2008, François Hollande et Manuel Valls avaient critiqué l’emploi de cette arme parlementaire, chose que Patrick Mennucci n’ignorait pas puisqu’il a affirmé que « le PS avait tort de critiquer le 49-3 ». 

« Le Front de gauche ne voit pas que la société a évolué. ».

Les divisions entre l’extrême-gauche (Front de gauche), les écologistes (EELV) et le PS agitent le Parti socialiste. Patrick Mennucci juge cette opposition « catastrophique » et estime qu'elle doit être réglée au plus vite avant l'élection présidentielle de 2017 « sinon nous perdrons ». Visiblement inquiet sur l’avenir du parti à l’approche des élections régionales en décembre 2015, Patrick Mennucci a reconnu « des difficultés à nous rassembler avec nos partenaires historiques » mais a surtout appelé à l’union au sein du PS : « je crois qu’il serait intelligent que les majorités qui ont fonctionné ensemble, fassent le premier tour ensemble. »

Consterné par l’attitude de Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche) envers le PS, le député a déclaré : « Il croit que c’est de la destruction du PS que naîtra un nouveau parti », avant d’enchaîner « le Front de gauche ne voit pas que la société a évolué. ».

Admettant des différends entre Europe Écologie-Les Verts (EELV) et le PS, Patrick Menucci regrette cependant le manque de discussions entre les deux partis depuis le départ des écologistes du gouvernement. Questionné sur ses relations avec les Verts, le député des Bouches-du-Rhône a expliqué ne voir « que des avantages à ce que quelqu’un comme Francois de Rugy (EELV) entre au gouvernement ». Une phrase à la quelle le député Vert a répondu sur Twitter : « Merci @patrickmennucci pour ton "hospitalité" mais encore faudrait-il que le PS change et devienne écologiste ».

« Je souhaite qu'Hollande soit candidat s’il le désire »

Lorsqu’on lui demande de s’exprimer sur la légitimité de François Hollande comme candidat PS à l'élection présidentielle, Patrick Mennucci est clair : « s’il est candidat, c’est la seule personne légitime [et] je souhaite qu’Hollande soit candidat s’il le désire ». Patrick Mennucci a aussi abordé le Front national (FN), qui ne cesse de prendre de l’importance dans la vie politique. Il a appelé les Français à attendre les résultats de la fin du mandat de François Hollande. Selon lui, combattre le FN ne fonctionne qu'« en réussissant la politique qu’on conduit et en montrant aux Français que le modèle multiculturel est le bon. ». À l’inverse de la côte de popularité de Marine Le Pen, celle de François Hollande est au plus bas. De nouveau, Patrick Mennucci demande l’indulgence : « il est encore crédible ! À la fin, vous pensez à la sécurité de votre pays, à son honnêteté et François Hollande est quelqu’un de très honnête ! ». Un clin d’œil à son rival des Républicains embourbé dans de multiples affaires judiciaires ou simple réalité ?

(Photo Fréquence ESJ)

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