François de Rugy (EELV) prêt à entrer au gouvernement « même contre l’avis du parti »

de Rugy

20H L'INVITÉ/VIDÉO - Invité mardi soir de l'émission politique hebdomadaire de Fréquence ESJ, le co-président du groupe écologiste à l’Assemblée a regretté que Cécile Duflot ait conduit leur formation à une « fin de cycle ».

« Il y a un risque d’opposition entre ce que certains militants ou cadres du parti voudraient décider, et ce que souhaitent nos sympathisants ». C’est en ces termes que François de Rugy a évoqué la menace qui plane ces derniers temps au-dessus d’Europe Écologie Les Verts (EELV), où deux lignes coexistent de manière chaque jour un peu moins pacifique. Et où le camp des pro retour au gouvernement affronte désormais publiquement celui des anti.

Le député de Loire-Atlantique a ainsi fustigé mardi soir l’attitude de Cécile Duflot, qui a choisi en avril dernier de ne pas participer à l’équipe formée par Manuel Valls, regrettant « une décision personnelle imposée à l’ensemble du mouvement ». « Ça n’a pas été une initiative prise après un débat interne et tranchée collectivement. (…) Et aujourd’hui, près d’un an après, elle n’est toujours pas comprise », a-t-il déploré sur Fréquence ESJ.

« Nous n'accepterons jamais un rapprochement avec Mélenchon, c'est inconcevable ! »

 

Avant d’espérer que sa formation « retrouve une plus grande place dans la majorité, y compris au gouvernement ». Allant jusqu’à se dire prêt à rejoindre le gouvernement « même contre l’avis du parti ». « Oui, nous sommes un certain nombre à dire qu’il faut que les écologistes soient un parti de gouvernement, même si la décision des instances internes ne va pas dans ce sens » a-t-il expliqué, évoquant l'éventuel remaniement qui devrait survenir après les départementales. Assurant avoir « des discussions avec François Hollande et Manuel Valls », et jurant que « les fils du dialogue n'ont jamais été rompus depuis 2012 ».

Et le député de Loire-Atlantique de regretter que la formation EELV soit « sans doute arrivée en fin de cycle ». Accusant Cécile Duflot d’avoir « un peu accéléré ce mouvement », et dessinant les contours de la formation politique qu’il espère voir naître lors d’une réunion commune prévue le 4 avril. « Le temps est venu et d’une clarification de la ligne politique et d’une refondation de l’écologie politique en France. Nous voulons une force écologiste autonome, suffisamment forte pour pouvoir passer des alliances avec d’autres, mais suffisamment autonome pour pouvoir défendre l’écologie ».

« La France n'est pas la Grèce. Et cela vaut mieux pour la France »

Un souhait que ne partage quant à elle pas l’ancienne ministre du Logement, favorable pour sa part à un rapprochement avec Jean-Luc Mélenchon et la formation d’une force politique nouvelle de gauche radicale. « Nous sommes un certain nombre à ne pas du tout nous situer dans cette perspective », balaie de son côté François de Rugy, qui juge l’idée « inconcevable » et jure que ses amis et lui « ne l’accepteront jamais ! ». « Autant le Parti socialiste n'est pas écologiste, autant le Front de Gauche est antiécologiste », a-t-il tranché.

« Si on prend pour modèle les mouvements de gauche plus ou moins radicale des pays comme la Grèce, même certains parlent de Podemos en Espagne, on constate que ce sont des pays où l’écologie est extrêmement faible, et où cette stratégie d’union avec une gauche plus radicale ne permet pas de développer l’écologie », s’est ainsi justifié le parlementaire. Avant de rappeler que « la Grèce n’est pas la France, et que la France n’est pas la Grèce ». Et de lancer, dans une pique à peine voilée, à Cécile Duflot, qu'il assure pourtant ne pas considérer comme une « gauchiste », que « cela vaut mieux pour la France ».

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Photos Fréquence ESJ/Arthur Perrot

 

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