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Charlie Hebdo: la gauche parisienne contre la présence du FN à la marche

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REPORTAGE - Des milliers de personnes étaient rassemblées jeudi soir place de la République, répondant à l’appel lancé par la mairie de Paris.  La maire de la capitale et le porte-parole du PS David Assouline ont ainsi profité de l'hommage rendu aux victimes de l'attentat de Charlie Hebdo pour se prononcer contre la présence du Front national lors du rassemblement républicain prévu dimanche.

 Malgré le froid, ils sont encore nombreux à se masser près de la statue de Marianne. À l’écart, un petit groupe drapé d’écharpes tricolores semble attendre un mystérieux signal. Ces élus du Conseil de Paris espèrent qu’Anne Hidalgo donne le départ du cortège. Cette dernière, répondant aux journalistes se veut très claire : "À cette marche républicaine, ne peuvent venir que des partis républicains. (…) Le Front national n’en fait pas partie". Pour la maire de la ville, accepter le FN "reviendrait à banaliser l’extrême droite".

Une position assumée et qui semble faire l’unanimité auprès des élus l’accompagnant. Tout en se faufilant difficilement vers la fontaine, le conseiller PS de Paris et du XVème arrondissement, Claude Dargent, affirme quant à lui que "la présence du FN créerait une confusion évidente". Des propos offensifs qui tranchent avec l'appel à l'union nationale de François Hollande qui consulte jeudi et vendredi les leaders des différents partis représentés à l'Assemblée nationale. Et une attitude suffisante aux yeux de Marine Le Pen pour dénoncer une "manoeuvre politicienne minable" dans les colonnes du Monde, regrettant de n’avoir pas reçu d’invitation pour la marche républicaine organisée ce dimanche à Paris. En guise d’argument, Hervé Bégué élu PCF du 14ème arrondissement déclare : "Charlie hebdo a combattu l’extrême droite. Je ne crois pas sa présence souhaitable dans ces lieux-là".

Inviter le FN à la "marche républicaine" en ferait un parti dit républicain

Le cortège ralentit soudainement. Devant le succès populaire du rassemblement, même le service d’ordre n’arrive pas à ouvrir le chemin. Non loin, les slogans tels que "Liberté, liberté" ou "Charlie n’est pas mort" raisonnent. Un lâché de colombes est même organisé. Autant de symboles qui parlent à David Assouline: "Debout, Rester debout. Voilà le sens de notre présence. Ils (les trois terroristes de l’attaque de Charlie Hebdo, NDLR) ont tenté de mettre la République et la démocratie à genoux en touchant à ce pilier qu’est la liberté de la presse". Et c'est ce qui pousse d'ailleurs le sénateur PS de Paris à souhaiter la présence du président de la République dimanche. "C’est à lui de décider, François Hollande y a tout à fait sa place, comme Mitterrand l’avait fait il y a 24 ans suite à 'l’affaire de Carpentras'", se souvient-il ainsi.

Vers 19h30, les élus, toujours accompagnés d’Anne Hidalgo, quittent progressivement les lieux avec néanmoins une inquiétude en tête: s’il est invité dimanche, le Front national sera de fait assimilé aux partis dits républicains. Une chose que refuse la gauche parisienne.

Photo Fréquence ESJ/Arthur Berdah

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