À l'UMP, des militants partagés entre colère et excitation

UMP Facade UMPREPORTAGE - Alors que Nicolas Sarkozy a été élu samedi président de l'UMP avec 64,5% des suffrages, devant Bruno Le Maire (29,18%) et Hervé Mariton (6,3%), les quelques militants venus devant le siège du parti regrettaient les différents bugs subis par le système de vote en ligne.

 « On n'en restera pas là! ». Les paroles sont claires, vives et semblent déranger les officiels présents au 238 rue de Vaugirard. Comme une trentaine d'autres militants, Rémi et sa femme ne décolèrent pas. Le couple d'octogénaires n'a pas pu voter au premier, et dernier, tour de l'élection à la présidence de l'UMP. « Nous avons payé une cotisation couple, reçu les codes, mais rien n'a marché » pestent-ils. Bien déterminés à pouvoir soutenir leur candidat les deux époux se sont donc rendus au siège du parti. Mais même après quatre heures d'attente, ces militants de la première heure n'ont pas pu jouir de leur droit d'adhérents, qu'ils considéraient presque comme un devoir d'électeurs.

Les attaques subies par le site de l'UMP sont-elles pour quelque chose dans les mésaventures du couple ? Rien n'est pour l'heure avéré. Mais ces 24 heures de vote en ligne n'auront finalement pas su apporter la sérénité attendue de cette échéance, censée marquér le renouveau d'un parti encore blessé par le combat fratricide de novembre 2012 ayant opposé Jean-François Copé à François Fillon. Pire, elles pourraient, selon Catherine, favoriser une montée de l'extrême-droite: « L'UMP est le premier parti de France. En donnant à voir aux gens cette image désordonnée d'une institution, on favorise Marine Le Pen pour 2017 ».

Vers une "cohabitation"

Cette crainte, certes minoritaire au sein de l'assemblée, tranche avec la confiance et l'enthousiasme affichée par Djamila, une autre militante: « C'était une belle campagne. J'ai voté pour Nicolas Sarkozy car il n' y a que lui qui peut sauver l'UMP et la France ». Et bien que cette adhérente parisienne semble se satisfaire du déroulement des hostilités, elle ne cache néanmoins pas ses regrette néanmoins quant aux sifflets adressés à Alain Juppé le 22 novembre lors d'un meeting de Nicolas Sarkozy. « C'était franchement inacceptable. Mais un seul homme ne peut pas faire taire 300 persones comme cela » areprend-elle tout de suite, comme pour voler au secours du nouveau président de l'UMP.

Pour autant, l'ex-chef de l'État n'en demeure à l'heure actuelle pas moins menacé, avec un retour moins réussi qu'espéré: pour qu'il le soit, la plupart des militants présents estimait que l'ancien président devait réaliser « au moins 70% » des voix. Il en aura obtenu 64,5. Et alors que très peu osaient évoquer Bruno Le Maire, le député de l'Eure en a quant à lui obtenu 29. Nul doute que la cohabitation à venir entre ces deux tenors de la droite sera scrutée avec attention par la base de l'UMP.

Crédits photo : Fréquence ESJ/Arthur Berdah

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