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À l’UDI, Jean-Christophe Lagarde hérite d’une unité à reconstruire

Jean-Christophe Lagarde UDI

REPORTAGE - Fréquence ESJ était jeudi au siège de l’UDI pour la proclamation de la victoire de Jean-Christophe Lagarde à la tête du parti centriste. Avec 53,59% des voix, le député-maire de Drançy succède ainsi à Jean-Louis Borloo, et devance nettement son adversaire Hervé Morin (46,51%). Une large victoire sur fond d'unité pourtant encore fragile au sein du parti.

Les soirées à l' UDI sont décidément atypiques. Des journalistes sur les nerfs, à l'affût de la moindre petite information côtoient des femmes et hommes dont la placidité tranche avec l'importance de l'évènement pour cette formation. Tout semble donc aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. Pourtant, personne ici, au 22 bis rue des Volontaires, dans le 15e arrondissement de Paris, ne semble avoir oublié avec quelle âpreté s'est déroulée la campagne. Même la couleur violette des murs ne peut effacer les stigmates laissés par les coups bas et les accusations de clientélisme.

Quelques heures avant l'annonce des résultats, un élu d'Aix-en-Provence, soutien de Jean-Christophe Lagarde, affirme même que « si la victoire n'est pas nette, l'unité va être difficile à maintenir ». Avant d’aller plus loin encore en déclarant « qu'Hervé Morin serait capable, d'après lui, de quitter l'UDI ». Où sont-ils, d’ailleurs, les soutiens de l’ancien ministre ? « Chez eux » répond fermement une militante, bien décidée à ce qu’ils y restent. Drôle d’ambiance, donc, au siège du parti. Que l'attente n'arrange pas. Fébriles, les journalistes guettent l'arrivée de la nouvelle « rock star ». À l'image d'un Prince ou d'une Madonna, le député-maire de Drançy arrive avec plus d'une heure de retard: c’est ce qu’il fallait pour signifier au cortège que le nouveau chef, c'est lui. Rendant successivement hommage à Jean-Louis Borloo et ses parents, Jean-Christophe Lagarde n'oublie pas son adversaire du soir, Hervé Morin.

Comme une mise en garde, le nouveau président du parti centriste n'hésite d'ailleurs pas à reprendre les propos du député de l’Eure: « à mon concurrent Hervé Morin, arrivé second, j’adresse un salut fraternel et je tends la main. Comme il l'a dit lui-même la semaine dernière ‘ce que nous avons construit ensemble est trop précieux pour être défait par une déception d'un soir’ ». Comme l’annonce de négociations très longues à venir entre les deux hommes.

« L’UDI a une alliance naturelle avec la droite républicaine »

Esquivant caméras et micros avec difficulté, certains politiques se laissent aller à quelques confidences. Ainsi, Sophie Auconie, vice-présidente du parti centriste, n'hésite pas à prôner la suppression des micro-partis composant l'UDI. « Il n'y a pas d'avenir pour le Nouveau Centre (dirigé par Hervé Morin, NDLR) comme il n'y a pas d'avenir pour la Force Européenne Démocrate (dirigée par Jean-Christophe Lagarde, NDLR). Ce qui fera notre force, ce sera de muter vers ce parti unique qu'est l'UDI ». Une idée novatrice, qui risque malgré ce de déplaire aux dirigeants des partis en question, qui ne sont autres que des cadres éminents de l'UDI. D’autant que l’eurodéputée semble ne pas exclure dans le même temps une alliance avec l’UMP. « L’UMP est mon partenaire concurrentiel, en revanche pas à n’importe quel prix ».

« François Bayrou n’a rien à voir avec nous »

Une version qui trouve écho dans les propos du fraîchement élu président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde, qui explique que « l’UDI a une alliance naturelle avec la droite républicaine quand elle ne se fourvoie pas en direction de l’extrême droite ». Cependant, Jean-Christophe Lagarde se montre nettement plus incisif lorsqu’il s’agit de 2017 : « Il n’est pas écrit que lorsque les français veulent changer un président socialiste, ils doivent subir ou accepter un président UMP ». Des propos que tempère Sophie Auconie qui préfère botter en touche : « Entre aujourd’hui et 2017, la conjoncture est tellement complexe que je ne suis pas du tout en mesure de dire ce qu’il se passera ».

Quant à l’idée d’un grand centre, où UDI et MoDem s’allieraient de manière plus pérenne que ne le veut la charte Alternative, signée l’année dernière par Jean-Louis Borloo et François Bayrou pour les élections municipales et européennes, c’est cette fois-ci Chantal Jouanno qui monte au créneau: «François Bayrou n’a rien à voir avec nous (…), le rassemblement du centre, c’est le rassemblement des composantes de l’UDI, François Bayrou n’est pas dans cette logique-là ». Une invective à l'image de l'ambiance qui régnait jeudi soir rue des Volontaires: divisée et partagée. C'est d'ailleurs là-dessus que la salle s'est vidée, de moitié justement. Et que Jean-Christope Lagarde à invité les plus téméraires à venir fêter la victoire, sur une péniche du 7ème arrondissement de Paris.

Crédits photo : Fréquence ESJ/Jordan Klein

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