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Lady Gaga, amante passionnée de la nuit

Lady gaga caption - Marry the nightDécryptage exclu : En moins de trois jours, le nouveau clip de Lady Gaga "Marry the night", a été plébiscité par plus de 7 millions de clics sur Youtube. Après Fame Monster qui a cartonné, le nouvel album du "monstre médiatique" Born this way ("née comme ça") délivre les clefs de sa personnalité et de certaines de ses cassures intérieures sous couvert de sa forteresse d'artiste. Ces blessures, elle tente de les sublimer, afin d'offrir un produit artistique original et déjanté, imprégné de ses influences musicales croisées avec un vécu douloureux. Lady carrément Gaga nous donne un aperçu de la fragilité de Stefani Germanotta (de son nom d'état-civil).


"Marry the night" est un clip de 13 minutes réalisé par la Lady elle-même, à tout seigneur tout honneur. Il s'agit d'un format court-métrage qui raconte une phase mouvementée de sa carrière. L'introduction de cette vidéo est un long monologue de l'artiste, dans lequel elle lâche sèchement "I loathe reality". Comme un constat rempli d'amertume et de résignation, elle se résoud à détester un réel qui la fait souffrir et la met face à ses propres échecs qu'elle n'arrête pas d'encaisser. Jusqu'au jour où elle sombre. Cette interminable peinture qu'est sa vie, elle doit la pourvoir en beauté et en points positifs. "Je deviendrai une star, car c'est tout ce qu'il me reste", dit-elle en sanglotant, à l'infirmière chargée de ses soins, dans un hôpital psychiatrique où le désespoir n'a de cure que dans "un petit peu de la musique", mots que la chanteuse prononce en français, d'une voix délicate et presque suppliante.

Lady, un phoenix à la cendre poudrée

lady gaga nue

Gaga a la musique, sa rédemption vient de là, lorsque tous la jugent inapte à se réaliser en tant que professionnelle "bankable". Lorsqu'elle est délaissée par un de ses premiers labels. Elle répond "Mais, je suis une artiste", elle revendique son identité. La transformation commence. Stefani doit disparaître pour laisser place à une âme plus forte et plus violente, plus borderline que jamais. Décoloration, style vestimentaire outrancier, maquillage servant de masque. Elle devient celle qui défie et se sert des codes pops pour les détourner en valorisant son image. Avec des courbes avantageuses, un corps tonifié et musclé, Lady Gaga se redresse et marche comme une grande. Elle sort ses griffes pour s'armer et s'endurcit. La danse qui demande de la discipline et de la rigueur entretient la flamme de sa volonté et son physique. On voit à travers cette séquence chorégraphiée, une évocation de Madonna version années 80 et du rêve suprême de danse (pitch de certains films à succès comme Flash Dance). La détermination de Lady Gaga dans l'exécution de ses pas de danse rappelle Flashdance. Une coiffure un peu à l'iroquoise, un mental de battante, la voilà parée à toutes les épreuves. Un déhanché appuyé assure le côté sexy de l'enchaînement, comme si elle se vissait à son futur trône et gravait déjà dans le marbre son arrivée tonitruante parmi les stars. Perruquée, poudrée et fardée, elle apparaît ensuite en cuir, une rockeuse. Une brève ressemblance avec Tina Turner dans Mad Max, des voitures qui explosent et brûlent. La position des cuisses et l'attitude, tout y est. On voit Tina. Lady est une survivante qui survit à son ancien elle : Stefani.

Qui est la mariée, qui est la nuit ?

"Marry the night" marie la dance et un tempo rock. Certains passages titillent la mémoire et la fouillent, on croit entendre "Flashdance....What a feeling" d'Irène Cara. Ce nouvel extrait de Born this way est un retour arrière sur les heures sombres. Marier la nuit ? Est-ce ne faire qu'un avec tout ce qui abrite le manteau noir du soir ? Faire corps avec ses propres maux, noyer sa goutte de chagrin dans l'alcool du vice. "Marry the night" est un spleen qui ne s'enlise pas. "Je suis une chanteuse, vous savez... Je sais faire des trucs bien... ». Cette réplique paraphrasée de "L'important c'est d'aimer" (dite par Romy Schneider, on remplace chanteuse par actrice) pourrait résumer les efforts qu'a accomplis Stefani Germanotta pour faire oublier son ego fragilisé et criblé de fêlures qui l'a toujours poursuivie. La mariée c'est Stefani, Lady Gaga est la nuit. Elles doivent fusionner ou se détacher l'une de l'autre. Perpétuel va et vient schyzophrène qui hante l'artiste. Tour à tour dénudée pudique et poitrine à moitié censurée, glissant sur les rebords d'une baignoire blanche, sirène déprimée version trash de Splash, elle expose et exhibe sans peur.

Séquence street dance à la Thriller ou au style Bad de Michaël Jackson, Lady Gaga écrase le sol bétonné de ses fins talons, en se démenant comme une belle diablesse. Le cri primal de fin se répète "Ma Ma Marry the niiiiiiiight" et conjure la fatalité en accentuant la détermination de la chanteuse à ne plus être une "loseuse". Elle devient ce monstre à la faveur de la nuit, étrange créature incomprise. Elle devient ce qu'elle a toujours été : quelqu'un d'à part.

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