Jean-Pierre Pernaut : au nom de la France

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HOMMAGE - Jean-Pierre Pernaut a présenté son dernier "13 Heures", vendredi 18 décembre, après 33 ans de service.

 

Il était le porte-parole des Français qu’on n’entend pas,

Il était le visage de ceux qu’on distingue à peine,

Il était Picard, Occitan, Alsacien, Béarnais,

Il était de France et il le revendiquait,

Il était de la famille de chacun,

Il était du cœur de tous,

Il portait le joug des territoires oubliés,

Il défendait les commerçants, les villages, les traditions, le patrimoine tout entier,

Il était aujourd’hui le sujet de son propre journal…

Et les Français le définissent avec ces mots : c’était un rude gaillard, un ambassadeur, un pionnier, une institution, une encyclopédie de la télévision… bref, un héros populaire dans les yeux duquel se lisait aujourd’hui la plus belle histoire d’amour. 33 ans de journal télévisé et un coup de foudre entre la France et lui, le 22 février 1988.

4 500 heures d’antenne et 7 000 chemises repassées plus tard, Jean-Pierre Pernaut et son équipe remettent à Marie-Sophie Lacarrau les clés d’un chantier titanesque et si fragile, celui de rebâtir la fierté d’être Français à travers la grande histoire nationale et toutes les autres, ces petites nouvelles sans filtre dont on n’imaginait plus écrire le point final.

Perfectionniste, râleur, mais surtout enraciné et sensible. « La fierté, c’est d’avoir fait un journal qui me ressemble avec des équipes qui se sont données à fond », dit-il. La France qui lui ressemble, c’est le bruit des sabots en bois sur la pierre d’une vieille chapelle, c’est le culot d’une bouteille vide qui cogne l’étain d’un comptoir, c’est la rage de certains Français et la ferveur de beaucoup d’autres, c’est un monde où les contrariétés n’existent que si elles sont nécessaires, où la vie doit être belle, où le souci de la réalité l’emporte sur celui du sensationnel.

Pour son dernier journal, Anne-Claire Coudray et Gilles Bouleau animent un hommage sincère, mêlant les témoignages de tendresse aux déclarations d’amour avec des images familières, de Praz-sur-Arly à la baie de Somme, de Marseille à Quevauvillers, son village natal…

Evelyne Dheliat présente une météo radieuse avec des yeux embués, Laurent Giraudino l’identifie au patrimoine français, Dany Boon lui rend les honneurs en chti, Jean-Pierre Foucault et Sylvie Tellier s’entourent des miss pour l’acclamer une dernière fois, les correspondants entonnent un au revoir original sur un air de Joe Dassin… et dans ce florilège de remerciements, Jean-Pierre Pernaut referme cette dernière page de journal sous le regard de sa relève et conclut en évoquant la fidélité d’une française parmi les Français, sa mère, pour qui les larmes, retenues jusqu’alors, coulent enfin.

 

Photo : Capture d'écran

 

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