Gilles Jacquier, le témoin d'une lutte contre le "silence, on tue !"

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Gilles Jacquier

Gilles Jacquier est décédé ce 11 janvier 2012, à Homs, cœur de la révolte syrienne. Il est le troisième journaliste à trouver la mort depuis le début de l’insurection à Damas. Grand reporter de guerre, il s’est aventuré, au péril de sa vie, là où l'on se bat pour la liberté. Pointant du doigt la véritable guerre civile qui se déroule sous le régime de Bachar-al-Assad pour ainsi permettre à un peuple terrorisé et opprimé, de se faire entendre.

 

C’est mercredi vers 15 heures qu’une roquette RPG a été tirée sur un groupe de militants pro-Bachar, situés devant l’hopital Zahira, à Homs. Cet épicentre de la révolte Syrienne, croule sous les bombardements depuis plus de deux mois. Gilles Jacquier, et le groupe de journalistes dont il faisait partie, se sont précipités pour aller voir ce qu’il s’y passait quand un second obus à frappé. Le grand reporter, Gilles Jacquier, serait mort sur le coup ainsi que quatres autres civils. Mohammed Ballout, correspondant BBC en arabe, était présent dans la ville au moment de l’attentat, il témoigne « Zahira est un bastion alaouite qui a été visé plusieurs fois dans le passé par les manifestants. Dans ce quartier, il y a souvent des tirs de snipers de la part des manifestants ».

« Un véritable désastre humanitaire, le régime ne commet pas un seul crime de guerre mais une série de crimes contre son peuple. Les enfants sont tués, on les affame et on les terrorise. »

Selon une estimation de l’ONU, le conflit aurait déjà fait plus de 5000 victimes depuis son début le 15 mars dernier. M. Malek, un tunisien de l’équipe d’observateurs de la ligue arabe, à démissionné aujourd’hui, dénonçant « Un véritable désastre humanitaire, le régime ne commet pas un seul crime de guerre mais une série de crimes contre son peuple. Les enfants sont tués, on les affame et on les terrorise. » C’est grâce à de courageux journalistes, comme le fut Gilles Jacquier pendant un peu plus de 20 ans passés au service des médias, que l’on permet de lever le voile sur les zones d’ombres de la planète. Les pays trop dangereux, inaccessibles et interdits de liberté de presse où il faut bien souvent se rendre clandestinement.GJ 1

Entré avec un visa, Gilles Jacquier, en mission pour Envoyé spécial, était sur place avec l’autorisation exceptionnelle du régime Syrien. Le groupe de journalistes dont faisait partie Gilles Jacquier était guidé par une religieuse libanaise favorable au régime Syrien et circulait de façon officielle. Le Quai d’Orsay, a lancé une enquête dès l'annonce de la terrible nouvelle. Un communiqué à été publié pour justifier la rapidité de cette prise de décision : « Il appartient aux autorités syriennes d’assurer la sécurité des journalistes internationaux sur leur territoire et de protéger cette liberté fondamentale qu’est la liberté d’information ». L’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme a lui aussi lancé une enquête, sur la provenance des tirs, qui reste encore un mystère. Certains témoinages de militants civils accuseraient les autorités syriennes.

« Gilles était un excellent reporter de guerre. Il avait couvert toutes les guerres, tous les événements des révolutions arabes ».


carte HomsSon travail a été honoré par le Prix Albert-Londres en 2003, pour un reportage sur la seconde Intifada (le conflit Israëlo-Palestinien), réalisé avec Bertrand Coq, grand reporter de guerre sur France 2. On peut encore sentir son envie de témoigner à travers les paroles de son collègue :  « Gilles était un excellent reporter de guerre. Il avait couvert toutes les guerres, tous les événements des révolutions arabes ». Gilles Jacquier était de ceux qui veulent se battre pour la liberté de la presse, et qui croient en la liberté d’expression comme pilier de la démocratie.

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