En Syrie, la répression ne faiblit pas

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Carte Syrie

La Syrie tremble encore suite à un nouveau bain de sang. Vendredi, une dizaine de civils ont été abattus, dont une fillette de six ans. En parallèle, des dizaines de milliers de personnes ont protesté dans tout le pays pour apporter leur soutien aux militaires rebelles, et manifester leur colère vis-à-vis de Damas. Malgré la présence de dizaines d’observateurs de la Ligue arabe, la répression ne faiblit pas.

Une nouvelle fois, ce sont dans de célèbres bastions de la révolte que la répression a causé de nouvelles victimes vendredi. Cinq morts à Homs (centre), un à Hama (centre), deux à Damir (près de Damas), un à Kefer Nebel (nord-ouest) et un dans la région d’Alep au nord du pays. Ces morts symbolisent à nouveau la violence de la répression du régime, prêt à mener une guerre civile dans son propre pays.

Pendant ce temps, des dizaines de milliers de manifestants criaient leur haine du gouvernement à travers tout le pays. « Des affrontements ont eu lieu le matin entre des agents de sécurité et des déserteurs » selon l’OSDH (Organisme de Surveillance des Droits de l’Homme). C’était lors de la manifestation de Douma, près de Damas, où 15 000 personnes ont défilé. Près de 20 000 manifestants ont également appelé à la chute de Bachar el-Assad dans la région d’Idleb, située dans le nord-ouest de Damas. Tant à Palmyre, à Lattaquié que dans la région de Homs, d’autres manifestants se sont comptés par milliers.

Un dernier hommage à Gilles Jacquier

Gilles Jacquier (pacomebecot.canalblog.com)D’autres rassemblements se sont tenus afin de rendre hommage à Gilles Jacquier, le journaliste français tué mercredi à Homs. Il est le premier journaliste occidental à trouver la mort en Syrie depuis le début de la révolte, mi-mars. Il avait été touché par un obus alors qu’il était en reportage avec d’autres collègues, sous la protection de l’armée. Cette « protection » est remise en cause aujourd’hui par Thierry Thuillier, le patron de Gilles Jacquier. « Par exemple, pourquoi, alors que ce convoi de journalistes est escorté militairement, pourquoi d'un seul coup les militaires disparaissent de la circulation au moment des premiers tirs? » s’interroge-t-il. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour homicide volontaire à l’encontre du régime syrien. Selon le Figaro, le gouvernement français soupçonne une « manipulation » de la part des autorités syriennes.

Et à l’étranger

Sur le plan diplomatique, le Premier ministre britannique, David Cameron, s’est déclaré prêt à porter devant l’Assemblée de l’ONU un nouveau projet de résolution pénalisant la répression du régime. Malgré l’opposition de la Russie, il souhaite suivre les modalités du plan de sortie de crise proposé par la Ligue arabe. Les observateurs de la Ligue, présents sur le sol syrien depuis le 28 novembre dernier, peinent à faire appliquer le plan de sortie de crise. « Des équipes supplémentaires d'observateurs (...) se déploieront dans les deux prochains jours » a déclaré Adnane Khodeir, le chef des opérations de cette mission pour la Ligue arabe.

Un navire russe soupçonné de transporter des armes faisait route vendredi vers la Syrie. Selon ses propriétaires interrogés lors d’une escale à Chypre, celui-ci ne se rendait pas en Syrie. Washington a mis Moscou en garde sur la vente d’armes au régime syrien. David Cameron avait également demandé à Moscou de s’expliquer concernant son veto à l’ONU, et sa défense d’un régime massacrant son propre peuple. La présence du général iranien Qassem Soleimani, commandant de l'unité Qods (force spéciale des Gardiens de la révolution), a été attestée à Damas début janvier. 

Le bilan humain atteint plus de 5 000 victimes depuis le début de l’insurrection mi-mars. Bachar el-assad se cramponne plus que jamais au pouvoir, chaque jour plus isolé aussi bien en Syrie qu’à l’international.

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