Conséquences catastrophiques des sanctions économiques en Syrie

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Extracteur de pétrole syrien (visoterra.com)

La Syrie a annoncé jeudi 19 janvier une perte de plus de 2 milliards de dollars pour son secteur énergétique. Les sanctions internationales imposées à Damas ont  freiné les achats de pétrole de la part de quasiment tous les clients de la Syrie, à part la Russie. Malgré la crise économique dans laquelle s’enfonce le pays, la répression a encore fait 18 morts à travers toute la Syrie, selon un rapport de l’OSDH. 

 Deux milliards de perte

« Nous avons subi d'importantes pertes en raison de notre incapacité à exporter du brut et des produits pétroliers » a déclaré jeudi le ministre du pétrole syrien, Soufiane Allaou. Il a ajouté que      « L'embargo pétrolier a entraîné une baisse de la production de 150 000 barils, soit 15 millions de dollars, par jour ». Les sanctions imposées par l’ONU et par les puissances occidentales ont porté leurs fruits. L’Union Européenne a été l’un des principaux acheteurs de pétrole syrien avant le début de la rébellion, et la Chine ne peut plus acheter ce même pétrole, à moins d’organiser des convois trop coûteux pour ce qu’ils rapporteraient.  En avril, les Etats-Unis et l’Europe avaient commencé à imposer des sanctions économiques à Damas. Ces mesures ont été durcies plusieurs fois depuis. Mercredi, la Livre syrienne a perdu près de 51% de sa valeur en mars 2010.

 Un rapport « décisif »

   Pays de la Ligue arabe (wikipedia)C’est aujourd’hui que les observateurs de la Ligue arabe doivent rendre le rapport « décisif » de leurs investigations à la Ligue arabe. « Nous sommes dans une étape charnière car le chef de la mission (le général soudanais Mohammed Ahmed Moustapha Al-Dabi) va remettre son rapport", a déclaré Ahmed Ben Helli, le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe. Ce rapport permettra à la Ligue arabe de décider de la poursuite ou de l’arrêt de la mission de ses observateurs. Cette mission est fortement critiquée par l’opinion publique internationale, qui dénonce son inefficacité à faire cesser les combats.

 Le même jour, des militants « pro-démocratie » ont de nouveau appelé à une manifestation vendredi. Cet appel s’inspire de la cause des « détenus de la Révolution », c’est-à-dire les activistes syriens arrêtés par les forces gouvernementales lors de la répression. « 60 000 détenus se sont soulevés pour notre liberté et nous allons nous soulever pour la leur »ont-ils affirmés.

De plus en plus de militants de l’opposition demandent une internationalisation du conflit devant l’échec apparent de la mission des observateurs de la Ligue arabe.  La répression du régime a fait plus de 5 400 victimes depuis le début de la rébellion en mars 2010. La communauté internationale condamne quasi-unanimement la répression de Bachar el-Assad, à l’exception de la Russie qui bloque toute résolution à l’ONU. Selon les comités locaux, des soldats rebelles ont par ailleurs abattu un général des services de renseignements militaires à Hamas. Ces derniers avaient refusés de tirer sur les civils, comme leur supérieur l’avait ordonné.

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