Nom de code : #opmegaupload

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Membres dAnonymous (keijoknutasit.blogspot.com)

Jeudi 19 janvier, le gouvernement américain a ordonné la fermeture du site Megaupload, basé à Hong-Kong. Cette fermeture s'inscrit dans le cadre de la lutte contre le piratage informatique. Son propriétaire, Kim Dotcom, risque vingt ans de prison pour violation des droits d'auteurs des ayant-droits et pour « mise en place d'une organisation mafieuse ». La riposte a été cinglante, les hackers du collectif Anonymous ont piraté de nombreux sites institutionnels et commerciaux.

Une riposte « hacktiviste »

Anonymous fait de nouveau parler de lui. Ce collectif réunit de nombreux activistes aux quatre coins de la planète, qui s'engagent pour faire pression sur des criminels mais aussi sur des gouvernements. Après les barons du narcotrafic, c'est le gouvernement des Etats-Unis qui provoque son courroux. Fin 2010, ses hackers avaient déjà effectué ce type « d'attaque de déni de service » (DDoS) suite au gel des avoirs financiers de WikiLeaks. Ce gel a été la conséquence de la divulgation de câbles diplomatiques par ce dernier.

fbi (humanite.fr)Après la fermeture de Megaupload par le FBI, les pirates de ce collectif ont multiplié les attaques contre les sites gouvernementaux et contre ceux des grandes maisons de disques. A 23h10, ils ont piraté le site du Ministère de la justice américain et celui d'Universal Music. A 23h50, c'est le site de « Recording Industry of America » qui est mis hors-service, puis ceux de « copyright.org », « Hadopi.fr », celui de Warner Music Group et finalement celui du FBI à 01h46. Anonymous n'a pas manqué de se vanter de ces exploits sur son profil twitter.

Des milliers d'internautes trompés

C'est à travers une pratique d'envoi de milliers de demandes de connexion que ses membres agissent. Cette méthode s'effectue grâce à la simulation de ces connexions via des virus informatiques. Ce sont des « attaques distribuées de déni de service ». Ces demandes saturent temporairement le serveur ciblé. La mise en place de l'outil « LOIC » (Low Orbit Ion Cannon) par Anonymous permet au plus grand nombre d'internautes de participer à ces attaques. En cliquant sur le lien mis-en-ligne par ces derniers sur Twitter et d'autres réseaux sociaux, l'internaute est redirigé vers le site Pasthtml. Sa connexion est alors utilisée par les hackers pour contribuer à leurs attaques. A l'origine, ce programme dont la première version date de 2009, devait servir aux sympathisants d'Anonymous. En téléchargeant et en installant ce programme, ils deviennent membres d'un réseau de « robots volontaires », cédant l'utilisation de leur connexion au collectif. Mais avant la riposte d'hier soir, ce programme était volontaire de la part des particuliers.

wikipedia (poststar.com)

Ces dernières 24 heures ont pourtant vu de nombreux internautes participer sans le vouloir à ces attaques de déni massif. Même si la mise hors-ligne des sites attaqués n'a été que temporaire, elle a contribué, à l'instar des protestations de Google et de Wikipedia contre les lois anti-piratages SOPA et PIPA. Elles sont actuellement en discussion au Congrès américain, soutenues par les leaders de l'industrie du disque et du cinéma. Washington hésite suite au recueil de 5 millions de signatures vendredi par une pétition initiée par Google.

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