Egypte : Une manifestation pro-démocratie stoppée par des militants des Frères musulmans

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manif egypte (citizenside)Une manifestation de militants pro-démocratie a été bloquée mardi 31 janvier par des partisans des Frères musulmans.  Ces derniers se sont justifiés en déclarant qu’ils voulaient éviter l’affrontement des militants et de forces de police devant le Parlement. 

Onze mois et dix jours après le début de la révolte qui a abouti au départ d’Hosni Boubarak, le 11 février 2011, des centaines de manifestants s’étaient donnés rendez-vous place Tahrir, épicentre de la « révolution ». Inquiets face à la lenteur des réformes, ils ont accusés l’armée de vouloir garder envers et contre tout le pouvoir. Ils ont défilés au cri de « Badie, tu es en train de vendre la révolution », faisant référence à Mohammad Badie, le guide suprême des Frères musulmans. Ils l’ont accusé de s’incliner face au Conseil Suprême des Forces Armées, le CSFA.

C’est au rythme de slogans offensifs que ces manifestants se sont dirigés vers le Parlement. Le premier ministre, Kamal Ganzouri, s’est expliqué devant la chambre basse, nouvellement élue, où de nombreux députés islamistes lui ont reproché la lenteur de ses réformes. Ce serait donc dans le but d’éviter de nouvelles tensions, dans une situation déjà particulièrement tendue, que les militants du Parti de la liberté et de la justice, la formation des frères musulmans, ont détourné les manifestants en colère loin du Parlement. Ces derniers ont fini par rebrousser chemin et sont allés protester devant le siège de la télévision, non loin de là.

Une situation potentiellement explosive

Egypte carte (wikipedia)La situation est très instable. Alors que l’armée a promis de remettre le pouvoir à un président démocratiquement élu avant fin juin, des critiques s’exercent de toutes parts contre cette institution. Celle-ci s’est arrogé le pouvoir durant ces soixante dernières années, et pourrait bien le revendiquer à nouveau. Mais beaucoup d’égyptiens sont exaspérés et réclament le départ du Conseil Suprême des Forces Armées dès maintenant. La nouvelle Assemblée, inaugurée le 23 janvier, n’est pas encore prête à prendre en main les rênes du pays, mais la forte majorité qu’y exerce les Frères musulmans (47 % des sièges) effraye l’armée. De nombreuses réformes restent encore à adopter, comme la refonte du ministère de l’intérieur, la fin de procès de civils devant des tribunaux militaires et le respect des libertés et de la justice sociale. 

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