La Grèce au bord de la rupture

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Athenes en flammes (Tunisienumerique)

Après l’adoption de nouvelles mesures d’austérité dimanche, la Grèce est plus que jamais en proie à ses divisions. La nuit suivante, de nombreux affrontements ont eu lieu entre la police et les manifestants. Le bilan est catastrophique. 

Partout où se portent les yeux à Athènes, la rue est jonchée de gravats de pierre et de morceaux de verre. De nombreuses vitrines sont cassées, les dégâts se chiffrent par milliers d’euros. Les pompiers ne savent plus où pointer leur lance ce matin, alors que la ville est en feu. Comme un reflet de la nuit passée, une myriade de grenades lacrymogènes décore le sol.

La nuit dernière, forces de l‘ordre et manifestants se sont affrontés dans la capitale. « Nous sommes face à la destruction. Notre pays, notre maison, est sur le point de brûler. Le centre d'Athènes est en flammes. Nous ne pouvons laisser le populisme réduire notre pays en cendres » a commenté l’élu conservateur Costis Hatzidakis. Le cinéma Attikon, avec sa façade néo-classique de 1870, a été incendié. Le bilan est lourd : 150 magasins pillés et 48 bâtiments incendiés. 130 personnes ont été interpellées, une centaine a été blessée dont 68 côté police.  

De nouvelles mesures d'austérité

manif grèce (ledevoir)Ces violences sont dues à de nouvelles mesures d’austérité, votées dimanche par les députés grecs, en échange d’un plan d’aide de 130 milliards d’euros, indispensable à la Grèce avant le 20 mars. C’est cette date qui marque l’échéance d’une partie de la dette grecque, qu’Athènes doit rembourser au risque de se retrouver en défaut de paiement. C’est pourquoi le gouvernement de Lucas Papadémos a dû adopter une loi imposant 3,3 milliards d’euros d’économies. Ces économies seront faites par de nouvelles suppressions de postes, des baisses de salaires et une baisse du niveau des retraites. Elles sont indispensables pour la Troïka (BCE-UE-FMI), qui doit bientôt verser une nouvelle tranche d’aide au pays.

La société est en proie à la colère et à la haine. Le ressentiment envers la Troïka atteint son paroxysme. Une Grèce au bord de la guerre civile, avant d’être aux portes de l’Europe. 

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