L'embargo en Syrie : une stratégie inefficace

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Les réponses à apporter à la crise syrienne divisent la communauté internationale. L'embargo sur le pétrole décidé par l'Union Européenne et par les Etats-Unis ne semble pas un moyen de pression très efficace sur le régime de Bachar al-Assad.

Les amis de la Syrie - pays soutenant les insurgés - sont actuellement divisés entre une aide militaire aux insurgés, voulue par une partie des pays de la Région, le durcissement des sanctions économiques et la recherche de nouveaux compromis diplomatiques. Ils n'en ont pas parlé lors de leur dernière réunion mais certains pays comme le Quatar appelle à armer l'Armée syrienne de libération (ASL). Les projets de conciliation politique et de sanctions économiques sont portés par Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, et Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations-Unies (1997-2006).

Les puissances occidentales craignent qu'une aide militaire, soit par l'envoi de troupes internationales sur le sol syrien, soit par la formation et l'armement des rebelles, ne contribuent qu'à l'augmentation de l'instabilité régionale et à une possible montée en puissance des fondamentalistes. C'est pourquoi seules les solutions diplomatiques et les sanctions économiques sont envisagée pour l'instant.

Ces solutions diplomatiques ne changent pourtant pas vraiment la donne pour le moment. Chaque projet de résolution contraignante présentée au Conseil de sécurité de l'ONU s'est vu bloqué continuellement par la Russie et par la Chine. Ces alliés de Damas, avec Téhéran, ne veulent pas d'un changement de régime et s'opposent au plan orignel de la Ligue arabe, défendu par Kofi Annan.

Des sanctions sans succès

Les sanctions économiques n'ont pas été très efficaces à l'encontre de Damas. La Russie et l'Iran continuent d'être des partenaires commerciaux d'un régime contesté partout ailleurs - mis-à-part en Chine. Les véritables perdants de l'embargo sur le pétrole syrien sont d'abord le peuple syrien - vivant pour beaucoup dans la misère et les décombres - et l'Europe, qui est à l'origine de ces sanctions économiques, mais se privent d'une source pétrolifère importante. 

Il ne faut pas remonter longtemps en arrière pour se rendre compte de l'inefficacité de telles mesures. Le régime de Saddam Hussein n'avait guère souffert des sanctions qui furent imposées à l'Irak dans les années 1990, à l'inverse de son peuple.       

Depuis mars 2011, la sanglante répression de Bachar al-Assad a provoqué plus de 9.000 victimes. 41 personnes sont mortes mercredi 4 avril dans la province de Homs (centre). La veille, 80 personnes avaient été tués, en majorité des civils.

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