Vers un accès facilité à l'Union Européenne pour les Colombiens et Péruviens

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UE - Les citoyens colombiens et péruviens pourraient prochainement voyager dans l’espace Schengen sans visa. Cette nouvelle législation européenne pourrait avoir des conséquences positives sur la balance commerciale française.

foto visado editadaDepuis lundi, la Colombie et le Pérou font partie de la liste des pays dont les citoyens pourraient bientôt voyager dans les 28 états membres de l’Union européenne sans disposer d'un visa Schengen.  Les colombiens, les péruviens, mais aussi les émiratis qui voyageront pour affaires, tourisme, ou visites familiales pourront rester jusqu’à 90 jours sur le sol européen.

Le président colombien, Juan Manuel Santos a salué, lundi, au cours d’une conférence de presse diffusée sur la chaine nationale RCN, la décision de la Commission des Libertés Civiles du Parlement Européen après que celle-ci ait donné feu vert pour augmenter la durée des séjours de ses compatriotes. « C’est un premier pas vers la suppression de ces visas hostiles aux colombiens » a-t-il déclaré. L’ambassadeur Colombien en Belgique, Rodrigo Rivera a rajouté qu’un « pas historique »  vers la suppression des visas avait été franchi.

L’Espagne, un pays clé dans un long processus

Cette bonne nouvelle, ils la doivent au chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy. Il avait promis cet été à son homologue colombien que la diplomatie espagnole mettrait tout en œuvre pour réussir à faire supprimer cette obligation de visa imposée aux colombiens. La Commission Européenne avait envoyé au parlement sa proposition de liste des pays potentiels. Dans cette liste apparaissaient 16 pays, 5 petites nations des Caraïbes, 10 petites îles de l’océan Pacifique et Timor, une île de l’archipel indonésien mais ni la Colombie ni le Pérou ne figuraient dans cette liste car la demande se fit tardivement. C’est donc Mariano Rajoy qui a proposé cette modification à la Commission en septembre dernier évoquant les relations “excellentes” entre Madrid et les deux pays. Le chef du gouvernement espagnol avait passé un coup de fil aux présidents Santos et Humala pour les informer de la décision de Madrid. Durant sa dernière visite en France, le Président péruvien Ollanta Humala, avait également demandé l’appui de François Hollande dans le processus de suppression des visas Schengen.

La Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures du Parlement européen (LIBE) a approuvé lundi cette décision avec 48 votes pour, 6 contre, et une abstention. L'affaire va maintenant être débattue au sein du Parlement puis par le Conseil européen qui jugera si oui ou non les visas devront être exemptés. La rédactrice du rapport considère que la Colombie et le Pérou ont les critères nécessaires pour être exemptés de visa Schengen et rappelle que le Parlement européen a adopté en décembre dernier, les accords de libre-échange de l'UE avec les deux pays andins. Le règlement européen précise que pour être exemptés de visa les pays doivent respecter des critères concernant l'immigration clandestine, l'ordre public et la sécurité, les relations extérieures  de l'UE avec les pays tiers et les aspects comme la cohérence régionale et la réciprocité.

Des économies émergentes importantes pour la France

Il semble que cette décision ait été prise dans un but davantage commercial qu’amical puisque l’Union européenne a signé il y a peu des accords de libres échanges avec la Colombie et le Pérou. Ces accords sont entrés en vigueur depuis le 1er mars 2013 pour le Pérou et depuis le 1er août  pour la Colombie. Ces accords prévoient non seulement un démantèlement douanier mais également la levée des obstacles techniques aux échanges, la libéralisation du marché des services, l’ouverture des marchés publics et le renforcement de la protection de la propriété intellectuelle.

Dans ce contexte, d’importantes opportunités se présenteront pour les entreprises françaises  dans de nombreux secteurs. La Colombie par  exemple dispose d’une agriculture à fort potentiel et aux ressources diversifiées même si pour l’heure, ce secteur nécessite une réforme de grande ampleur. L’agriculture a été identifiée comme faisant partie des « locomotives » de l’économie colombienne que le gouvernement souhaite privilégier. Ainsi, d’importants investissements en équipements et machinisme agricole pourraient être réalisés dans un futur proche. La France se positionne comme le 7ème fournisseur de la Colombie et le 2ème au sein de l’Union européenne. L’appétit des colombiens pour la consommation de produits français est indéniable comme le confirme la forte augmentation de nos exportations de produits textiles.La décision de la Commission européenne concernant la suppression des visas Schengen pour ces pays d’Amérique latine pourrait donc être une bonne nouvelle pour l’économie nationale.

Texte : Astrid Briant  Photo : Jorge Rodriguez

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