Ukraine : «Le gouvernement paye des provocateurs pour nous discréditer»

pavelUKRAINE - Portrait de Pavel Skliarov, un militant pro-UE. A 30 ans, le responsable marketing a déjà parcouru le monde... L'Ukrainien parle russe, anglais, le vieux slave, le mandarin mais aussi un peu français. Cette année il a travaillé cinq mois au Kazakstan. Il vient tout juste de refuser une offre de Pepsi à Moscou. Pas pour la ville mais en raison de sa religion SDA (église adventiste du septième jour*) qui ne pouvait s'accorder avec le contrat proposé puisqu'il ne s'autorise même pas la lecture d'un mail le samedi.

Actuellement il vit à Dnipropetrovk, où l'agitation semble moindre par rapport à Kiev. Il regrette que l'accord d'association avec l'Union Européenne n'ait pas été signé. «Cela aurait été une bonne chose, pas économiquement bien sûr mais pour lutter contre la corruption. » L'éclatement des manifestations semble être une suite logique pour les ukrainiens. «On est fatigué, l'UE c'est l'espoir qu'il ne fallait pas nous enlever. »

"50 euros par mois"

Dernièrement des violences contre les agents des forces de l'ordre et de la casse ont été relevées par la presse ukrainienne. Fortement intéressé par la politique de son pays, le jeune homme a directement contacté ses amis résidents à Kiev. « Les faits ont bien eu lieu, le gouvernement paye des provocateurs pour nous discréditer ». Aucune pointe de surprise dans la voix de Pavel Skliarov, la corruption du gouvernement lui est familière.

Les ukrainiens connaissent même les prix … Une journée de manifestation est rémunérée comme une journée de travail au SMIC (50 euros par mois). Lorsqu'on évoque la possibilité d'un réel mouvement pro gouvernemental, le jeune homme nous explique qu'effectivement une minorité de la population ne veut pas intégrer l'Union européenne. «Ils voudraient que rien ne change, qu'on ait une économie stable, mais ces gens ne sont pas pour un rapprochement avec la Russie non plus. » La majeure partie du peuple ukrainien ne croit plus dans les politiques de leur pays, qu'ils soient au pouvoir ou dans l'opposition.

« Parmi les pro UE on a très peu confiance dans l'opposition, et les autres veulent seulement une stabilité ». Et pourtant Pavel Skliarov veut rester optimiste « Si les bonnes personnes accèdent au pouvoir […] Enfin disons que je serai très heureux si notre pays devenait démocratique ».

Anaïs Guérard

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