• Slide FESJ 2015

La Syrie au cœur du système d'alliance régionale

Bachar el-Assad
Lundi 28 octobre, la commission d'enquête internationale indépendante sur la Syrie, missionnée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, a publié un rapport faisant état de « crimes contre l’humanité » par le régime de Damas. La veille, la Ligue arabe a imposé de sévères sanctions économiques à la Syrie, peu après l’avoir exclue. C’est une première sans précédent dans le monde arabe.
 
Bachar el-Assad est aujourd’hui de plus en plus isolé sur les scènes régionale et internationale. Et pour cause, depuis le début de la répression, plus de 3600 victimes ont été dénombrés en Syrie. Les rebelles demandent aujourd’hui une intervention internationale, en tant que soutien logistique. L’internationalisation du conflit se confirme. La complexité des jeux d’alliance dans la Région rend cependant difficile l’efficacité des sanctions économiques.
 
Aujourd’hui, Téhéran est le plus ardent défenseur de Bachar el-Assad. Le régime du Président Mahmoud Ahmadinejad s'évertue à défendre Damas, lui fournissant un soutien logistique, voir militaire selon certaines rumeurs. L’alliance entre ces deux puissances arabes a été conclue en 2008, après des années de rapprochement. Ce rapprochement était dû à deux ennemis communs, Israël et l’Irak de Saddam Hussein. Le régime de Damas s'est en effet toujours présenté comme un rempart contre l'impérialisme israélien et occidental. La chute de Saddam Hussein en 2003 désignait Israël comme le seul ennemi idéologique commun de la Syrie et de Téhéran. Ennemi historique de l'Iran, l'opposition à Israël rapproche les deux régimes arabes, jusqu'à 2008. Le Hezbollah libanais, aujourd’hui au pouvoir à Beyrouth, aide également militairement la Syrie. Il est financé par l'Iran afin de déstabiliser Tel-Aviv.
 
L'étonnant rapprochement d'Ankara et de Damas, débuté en 2008, a volé en éclat face à la répression de Bachar-el-Assad. Le Président turc, Recep Tayyip Erdogan, a proclamé le 28 octobre la mise en place de sanctions économiques. Il avait auparavant appelé le Président syrien à quitter le pouvoir afin de protéger son peuple. La Turquie réfléchit aujourd'hui à la création d'une zone tampon pour l’accueil des réfugiés syriens. Elle abrite également le Conseil National Syrien (C.N.S.), dont le colonel Assaad, son chef.
La Syrie a été engagée dans de vives tensions avec la Turquie par rapport à la communauté kurde. Cette communauté se situe à cheval sur les frontières turques, syriennes et irakiennes. Contrairement à son père, Bachar-el-Assad a réservé un traitement de faveur à la communauté kurde en Syrie, qui représente 10% de la population. Contre des garanties de stabilité sociale, Damas s'est engagé à accorder une autonomie toute relative à cette communauté.
 
Carte SyrieL'Irak chiite est enjoint par l'Iran de soutenir le gouvernement syrien. Il vient même, avec le gouvernement libanais, de se dissocier des sanctions économiques que la Ligue arabe a infligé dimanche 27 novembre à la Syrie. Le Quatar condamne Bachar-el-Assad pour n'avoir pas tenu compte de ses conseils de réformes  et de conciliation.
 
L’Arabie Saoudite, puissance sunnite disputant la puissance régionale à l’Iran et allié privilégié des Etats-Unis au Moyen-Orient, condamne Damas, et fait partie des pays de la Ligue arabe qui ont voté l’exclusion de la Syrie après l’absence d’application du plan de sortie de crise proposée par la Ligue. La Jordanie, l’Egypte, le Bahrein, le Quatar et le Koweït ont également voté cette exclusion, seul l’Irak s’est abstenu de voter.
 
C'est donc une complexité régionale telle qu'elle empêche pour l’instant toute sanction économique d’être efficace. Les réactions de plus en plus vives des autres pays arabes et de l’ONU permettent pourtant d’espérer une évolution plus significative aujourd’hui.
 

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