L’Inde : le confinement impossible

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CORONAVIRUS - L’Inde est, lui aussi, un pays confiné mais avec ses 1 milliard 300 millions d’habitants dont la moitié vivent sous le seuil de pauvreté, faire appliquer les mesures est extrêmement difficile.

 

Le deuxième pays le plus peuplé de la planète, avec 1,3 milliards d’habitants, est confiné depuis le 25 mars. Narendra Modi, le Premier ministre Indien a annoncé mardi 14 avril une prolongation du dispositif jusqu’au 3 mai. Toutes les écoles resteront fermées, ainsi que l’espace aérien, les transports et la quasi-totalité des commerces et des industries. La situation est globalement maitrisée dans le pays. Le Premier ministre s’en est félicité : « L’Inde a développé une approche intégrée et n’a pas attendu que le problème prenne de l’ampleur pour mettre en place des solutions. Les autres pays ont 25 % à 30 % de cas de plus que nous ». Effectivement, pour l’heure, l’Inde compte 24 000 cas de COVID-19 et 775 décès, des chiffres relativement faibles par rapport à ceux des pays européens. Le chef du gouvernement a longuement remercié les Indiens pour leur discipline de « soldat » dans le combat contre l’épidémie.

Des chiffres largement sous-estimés  

Selon les experts, en raison de l’insuffisance des tests pratiqués, de la grandeur du pays et de l’éloignement de certains villages de tout centre de soins, les chiffres officiels ne devraient pas dire grand chose. L’Inde est un pays pauvre, seuls 33 % des Indiens ont accès à de l’eau courante propre. Les bords des grandes routes sont souvent jonchés de détritus. Les villes indiennes sont parmi les plus polluées au monde. Des centaines de millions d’Indiens habitent des bidonvilles insalubres. Le confinement a des effets pervers dans ce pays car, pendant cette période, les travailleurs pauvres du pays, ces centaines de millions de personnes qui vivent entassés dans des bidonvilles, sont obligés de sortir pour aller chercher à manger. La plupart ont perdu leur emploi. Comme les travailleurs de la décharge de New Delhi qui revendent en temps normal plastique, métal ou autres matières à recycler à des sous-traitants. Ils continuent de ramasser les déchets mais, cette fois, pour se nourrir. Les travailleurs saisonniers enragent. Ils craignent non pas de décéder du COVID-19, mais de mourir de faim le long des routes ou aux portes de leur village. 

Des mesures insuffisantes

Depuis le 20 avril, une reprise partielle des activités est autorisée. Pour consignes : le respect des règles de distanciation et le port d’un masque. Cette reprise concerne une petite partie de l’industrie, comme les secteurs de l’énergie, de la pharmacie et de la construction. Mais c’est surtout le secteur agricole qui est visé d’autant plus que l’Inde est en pleine période de récolte et que près des deux tiers de la population active dépend de ce secteur. Le gouvernement a également promis de l’aide directe aux Indiens, en particulier aux plus pauvres. Près de 800 millions d’Indiens recevront chacun cinq kilos de riz et de l’argent. Mais toutes ces mesures paraissent, pour les Indiens, bien insuffisantes pour sortir leur pays de la crise sanitaire actuelle. 

 

Photo : Manish Swarup 

 

 

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