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Carnet de voyage : Étape n°6, Calcutta

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REPORTAGE - Capitale du Bengale-Occidental, Calcutta est la troisième plus grande agglomération indienne. Considérée comme une des villes les plus sales et les plus pauvres, elle représente néanmoins le berceau de l’humanisme et de l’espoir pour des milliers de personnes. Voici la sixième et dernière étape de ce voyage.

 

Tandis que Mère Teresa veille, Calcutta se réveille. Les échoppes s’ouvrent dès les premières lueurs du soleil pour accueillir les premiers amateurs de chai, thé traditionnel indien à base de lait et de cannelle. Les uniformes bleus des écoliers s’unissent aux saris colorés pour créer une lumière citoyenne. Au coeur de ce fourmillement ininterrompu, une lueur d’espoir scintille. Au-delà du pont d’Howrah et de son célèbre marché aux fleurs, l’association Don Bosco Ashalayam redistribue les cartes pour les enfants des rues. Leurs destins autrement incertains et inhumains tendent vers un chemin plus doux et bienveillant. Il est alors question d’éducation, de nourriture, d’hébergement, de dignité. Tous les membres de l’association essaient, chaque fois, de rendre aux enfants une innocence volée, pour les plus jeunes à l’âge de 3 ans.

Niva est l’une de ces magiciennes. À quelques deux cents kilomètres de Calcutta se trouve la ville Kalyani. Entre deux rizières, un centre de l’association accueille plus de quarante enfants. Niva, professeure depuis plus de vingt ans veille quotidiennement au bien-être des ces enfants. Née à Kalyani, elle y vit avec son mari et son fils, Happy. Niva est une femme heureuse et libre. Intriguées l’une de l’autre, de nombreux échanges alimentent les questionnements et témoignent de nos vies respectives. Sans tabou, nos cultures s’entrechoquent. Comme beaucoup de femmes indiennes, son mariage est né de l’arrangement. Un mari inconnu, une dote, une vie choisie par des tiers. Tandis que son destin se profilait grâce à quelques centaines de roupies, d’or et de bijoux, Niva finissait ses études. Elle découvrit son mari en même temps que tout le monde, le Jour-J. Mais Niva est une femme heureuse, libre et chanceuse. L’amour finit par effacer l’absence de choix.

 

Son fils Happy n’a que 16 ans. Tout comme son père, il excelle dans la musique. Il souhaiterait devenir guitariste professionnel et pouvoir transmettre son talent, tout comme ses parents. Même si la question se pose, celle-ci n’a jamais effleurée l’esprit de la professeur. Happy sera marié avec une fille choisie soigneusement par ses parents. D’après les adolescents présents dans le centre, le mariage arrangé se trouve être la meilleure solution. Selon eux, le mariage d’amour est synonyme de disputes et de problèmes. Alors que le « gendercide » - le meurtre d’enfants à cause de leur sexe - semble diminuer, mais avoir une fille reste un fléau pour certaines familles. La famille devra alors passer presque toute une vie à économiser afin de pouvoir payer la dote, promesse de mariage.

Selon Niva, ces traditions persistent dans les villages tandis qu’elles disparaissent de plus en plus dans les grandes villes. Mais pour rien au monde elle ne quitterait ce village l’a protégeant, elle et sa famille de tout tumulte extérieur. D’après elle, les enfants de l’association Ashalayam y serait au Paradis. À en croire le cadre idyllique, calme et l’enseignement inculqué, les enfants semblent effectivement mieux que dans l’étouffante Calcutta. Toutes les chances sont de leurs côtés, en espérant que les traditions ne leur coupent pas l’herbe sous le pied. 

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