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Carnet de voyage : étape n°2, Cochin (Le Kerala)

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REPORTAGE - Cochin, capitale de l’état du Kerala, au Sud-Ouest de l’Inde - à plus de treize heures de train de Chennai– est réputée pour son cadre apaisant et ses villages de pêcheurs. Voici la deuxième étape de ce voyage.

Tchoupi est né ici et y vit avec sa mère depuis plus de trente ans. Désormais, il n’y revient que pour les vacances. Il travaille à Dubai. Amoureux de son pays, la moindre excuse est bonne pour y revenir. Il passe le plus clair de son temps à jouer les serveurs dans un restaurant du bord de mer afin d’aider un ami. Vêtu d’un maillot de football, il accoste les gens et les fait rire aux éclats grâce à sa joie de vivre. Après plusieurs blagues et plusieurs parties de cartes, il lance une invitation. Il veut que nous découvrions le vrai Cochin, comme il le perçoit de ses propres yeux.

Après son service, ses amis le rejoignent. L’un fête son anniversaire, l’occasion rêvée pour passer la nuit à Ernakulam, la grande ville la plus proche, à une heure de Cochin. Durant le trajet, il se confie sur sa condition. Musulman, il s’inquiète de plus en plus du sort qui leur est réservé. D’après lui, le Premier ministre indien, Modi n’aurait aucune crainte à les offenser publiquement. Quelques jours auparavant, d’importantes bagarres ont eu lieu entre hindous et musulmans, suite au climat créé par ses déclarations. Présent sur tous les panneaux publicitaires, Modi agace Tchoupi et ses amis. Ils souhaiteraient vivre dans un climat sain et non devoir, en permanence se justifier à cause de leur confession. Le débat se conclut rapidement afin de ne pas créer une ambiance tendue. 

Arrivés à Ernakulam, ils partagent leur rituel : boire un jus frais dans un « shop » réputé.  Sur le retour, nous croisons des ladyboys (transexuelles). Vêtues de saris, Tchoupi nous explique qu’elles sont bien traitées dans la région. Des associations veillent à ce que leurs droits soient respectés et la population n’opère aucune persécution, bien au contraire. Des chants hindis résonnent. La route est déserte, c’est probablement un des seuls états en Inde où ce spectacle est possible. Après nous avoir raccompagnées, Tchoupi souhaite ajouter un mot : « lorsqu’on vit en Inde, on ne peut qu’avoir le sourire. Le sourire des autres crée le tien. »

Photo Fréquence ESJ/Ilham Mraizika 

 

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