Un deuxième débat Trump-Clinton extrêmement tendu

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DEBAT - Cette nuit, avait lieu à Washington DC le second débat présidentiel entre le candidat républicain Donald Trump et la candidate démocrate Hillary Clinton. Animé par deux journalistes de CNN (Anderson Cooper) et NBC (Martha Raddatz), le débat a été vif et les échanges houleux.

Autre débat, autre système. Cette fois-ci, ce ne sont pas les modérateurs qui posaient les questions, mais les Américains. Sur une scène en forme d’arène, une dizaine de citoyens, encore indécis, prenaient place pour poser leur question aux candidats. Tous les thèmes ont été abordés : défense, éducation, sécurité sociale…

Les premières minutes sont tendues, alors qu’une citoyenne pose une question sur l’éducation, les propos retombent vite sur la vidéo mettant en cause le magnat de l’immobilier. Sa réponse : la même : « C’était une conversation de vestiaire, mais il y a un véritable carnage dans le monde, il faut battre ISIS », un changement de sujet qui n’est pas passé inaperçu, Anderson Cooper, l’un des modérateurs réitère la question auquel le milliardaire répond définitivement : « personne n’a autant de respect que moi pour les femmes ».

Hillary Clinton a joué la prudence en n’abordant pas le sujet elle-même, sans pour autant garder le calme olympien qu’elle avait adopté lors du premier débat. Après que Donald Trump décrive Bill Clinton comme « le plus grand agresseur sexuel que la politique américaine connaisse », l’ex First Lady – qui, nul doute, s’attendait à cette remarque – n’a pas hésité à rappeler tous les propos sexistes et nombreuses polémiques qui ont entaché la campagne du candidat républicain depuis juin, en finissant par reprendre une punchline populaire de l’actuelle première dame Michelle Obama  «When they go down, you go high ! / Quand ils vont en dessous de la ceinture, tu restes noble ! ».

Viennent alors les questions sérieuses, notamment sur l’islamophobie, Donald Trump revient sur sa mesure hautement polémique concernant l’interdiction d’entrée des musulmans aux Etats-Unis, et appelle plutôt à une vérification extrême et accrue. Sur la question syrienne, et les bombardements à Alep, il déclare : « Hillary soutient les rebelles, mais elle ne sait même pas qui ils sont, on a déjà assez de problèmes ici ». La candidate démocrate a, elle, préconisé l’armement des kurdes : « les kurdes ont été et sont nos seuls partenaires dans la région en qui nous pouvons avoir confiance pour vaincre ISIS ».

Enfin, les deux candidats se sont montrés particulièrement virulents l’un envers l’autre en s’attaquant personnellement. Il n’est pas sûr d’y avoir un grand vainqueur pour ce débat. La star de The Apprentice a appris sa leçon, il est arrivé préparé, plus précis dans ses propositions, mais ses constantes objections aux modérateurs : « vous l’avez laissé parler 25 secondes de plus… » ne lui valent pas le statut présidentiel auquel il aspire. Tandis que la candidate démocrate s’est montrée moins calme, plus virulente, et surtout plus préoccupée par Donald Trump que par son programme - alors qu’elle a fait sienne la règle de toujours parler de son programme et non de son opposant durant sa campagne - lui font perdre des points.