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Clinton : "un homme qui s’emporte facilement avec un tweet ne devrait pas avoir les codes de l’arme nucléaire"

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DEBAT - Lundi 26 septembre à 21h00 (heure de New-York) près de 100 millions de téléspectateurs ont pu visionner l’échange acerbe entre Donald Jr Trump (candidat républicain) et Hillary Clinton (candidate démocrate). Fortement attendu, le débat a répondu à toutes les attentes.

Le premier débat présidentiel est une institution aux Etats-Unis, d’abord introduit par une commission objective, les règles sont simples, deux candidats, trois segments (thèmes de débats) et deux minutes de réponses chacun, le public n’est pas autorisé à applaudir ni à râler. Force est de constater que ce débat a dérogé à la règle. Alors que Donald Trump est resté fidèle à lui-même : très peu convaincant, n’hésitant pas à mélanger plusieurs thèmes différents, par exemple alors que Lester Holt (le modérateur) lui pose une question sur son programme pour créer des emplois, il répond : « je vais faire en sorte que les entreprises ne délocalisent pas, parce que ce sont les Chinois et le Mexique qui volent nos entreprises et nos emplois », entrainant son propos dans un débat sur l’immigration, il est stoppé par le journaliste de NBC.

D’un point de vue rationnel donc, il peine à convaincre. Tandis qu’Hillary Clinton a préparé ce débat intensivement, d’une manière très didactique. Armée de plusieurs arguments, elle a su faire fi des dernières polémiques qui l’ont fait chuter dans les sondages et inverser les rôles, rendant Donald Trump coupable de manque de transparence. En affirmant « si Donald ne veut pas rendre publiques ses déclarations d’impôts, c’est certainement qu’il cache quelque chose, peut-être qu’il n’est pas aussi riche qu’il le prétend ou bien il n’est pas aussi charitable qu’il affirme, ou tout simplement qu’il n’a pas payé ses impôts depuis de nombreuses années ». Bien qu’il ait tenté de disculper l’ex First Lady, le businessman n’a pas su trouver de contre-argument plausible, d’où les relances du modérateur et la vaine tentative du magnat de l’immobilier d’attaquer l’ancienne secrétaire d’Etat sur l’histoire d’e-mails confidentiels qu’elle aurait effacés. 

Au total, les deux candidats ont débattu seuls pendant plus de 90 minutes, dérogeant une nouvelle fois aux coutumes liées au débat présidentiel. Durant cette heure et demie, ils auront abordé trois grands thèmes : l’économie américaine et la création d’emplois, le futur des Etats-Unis et notamment le réchauffement climatique, et la menace terroriste. Concernant la menace terroriste et ISIS (DAESH), Donald Trump aurait pu convaincre puisqu’il surfe sur les peurs engendrées par les attaques terroristes. Mais il a surpris en affirmant « on doit arrêter d’être la police du monde, et si d’autres pays doivent avoir l’arme nucléaire, ce n’est pas le plus grave, le plus grave c’est que nous les protégeons gratuitement. » Ce qui lui a valu les attaques subtiles d’Hillary Clinton, notamment sur son tempérament : « je pense qu’un homme qui s’emporte facilement avec un tweet ne devrait pas avoir les codes de l’arme nucléaire ».

Enfin le candidat républicain n’a eu cesse de dénoncer l’appartenance d’Hillary Clinton « à cette classe politique qui parle mais qui n’agit pas ». D’un point de vue purement rationnel, tous les médias américains – excepté quelques-uns – s’accordent à dire qu’Hillary Clinton a dominé le débat par son calme et sa connaissance accrue des différents dossiers abordés. Mais comme le remarquait Nicolle Wallace (analyste politique de NBC) : « il est encore impossible de savoir si les citoyens américains ont été convaincus par les propos d’Hillary Clinton ou persuadés par la prestance de Donald Trump. »

Photo AFP/Paul J. Richards

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