Auschwitz, Buchenwald : la Shoah, jeunesse d’hier et d’aujourd’hui

Auschwitz 2015 Photo Baptiste Denis

REPORTAGE/VIDEO - Durant la Seconde Guerre mondiale, plus d’un million de personnes ont été tuées entre les murs d’Auschwitz. Nous nous sommes rendus sur place, à la rencontre de la jeunesse, celle qui a vécu cette période et celle qui doit en subir l’héritage.

 Jeunesse d’hier…

A leur arrivée, les prisonniers avaient deux options : la mort ou le travail. Roger Lebranchu, ancien déporté à Buchenwald en 1943 a eu la chance de travailler. Contrairement à Buchenwald, Auschwitz avait une chambre à gaz. Une chambre à gaz dans laquelle est accroché un panneau indiquant « briquets interdits ». Un détail marquant aux allures de séquelle. « Tout le monde était mis à poil puis tondu ». Avant de réduire à l’état d’esclaves les prisonniers, les nazis s’assuraient de leur ôter leur humanité. Au point de compter les morts durant l’appel comme l’explique Roger Lebranchu : « Il fallait le compte lors de l’appel, même si il y avait un mort, on l’emmenait avec nous ». Après l’évacuation du camp, les prisonniers ont été emmenés en forêt pour les éloigner de la zone. L’ancien déporté a pu s’enfuir à la tombée de la nuit, mais au prix d’un retour difficile à la vie : « En rentrant chez moi, le matin, mon père a vu que je dormais par terre. Je ne pouvais plus dormir sur un lit. » Sur les 160 000 déportés depuis la France, seuls 35 000 ont pu rentrer chez eux.

…Et d’aujourd’hui

Mais quel héritage pour les jeunes d’aujourd’hui ? Pour le savoir, direction le petit village d’Auschwitz, situé à 3km du camp. Un lieu aux allures de petit village de province, typique de l’est-européen. Rien ne peut laisser penser qu’un camp de la mort se trouve à quelques minutes de bus d’ici. Sur place, tous les jeunes parlent «d’une très jolie ville », « très agréable à vivre ». Ils déplorent toutefois que « tout le monde ne parle que du camp et non de [leur] ville ». L’accès au village avait longtemps été fermé lors du 70ème anniversaire de la libération du camp pour éviter l’affluence de journalistes en janvier dernier. Aujourd’hui, pour la population, « cette histoire restera pour toujours leur histoire » mais ils ne se sentent « plus vraiment concernés ».

Photo Baptiste Denis/Ecrivons-en/Fréquence ESJ

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