Mario Draghi à la tête de la BCE

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Mario Draghi

Le 1er novembre 2011, Mario Draghi est devenu officiellement le 3ème président de la Banque Centrale Européenne (BCE), succédant à Jean-Claude Trichet.  Mais l’ancien patron  de la Banque d’Italie traine un lourd passif : de 2002 à 2005 il a été vice-président européen de la banque d’affaire Goldman Sachs. Cette banque qui a camouflé la colossale dette de la Grèce

Son CV est impressionnant. Diplômé d’un doctorat en économie du Massachussetts Institute of Technology en 1976, il devient professeur à l’université de Florence de 1981 à 1991. Pendant cette même période il est nommé directeur exécutif à la Banque Mondiale, de 1984 à 1990.

C’est en 1991 qu’il revient en Italie pour occuper la fonction de directeur général du Trésor, il doit en outre gérer l’introduction de l’Euro dans le pays. En devenant directeur de la Banque d’Italie en 2005, il intègre alors le conseil des gouverneurs de la BCE, principal organe décisionnel de la banque.

C’est entre 2001 et 2005 que l’ombre au tableau surgit. Il est désigné vice-président chargé de l’Europe chez Goldamn Sachs, 4ème banque d’affaire mondiale.

Le point noir du CV

A ce titre, il a pour fonction de s’occuper la dette des Etats, cette fameuse dette Siège de Goldman Sachssouveraine dont, s’agissant de la Grèce, Goldman Sachs aurait caché l’ampleur en utilisant des produits dérivés. Pour pouvoir intégrer la zone euro, la Grèce doit respecter plusieurs critères. C’est donc avec l’aide de la banque d’affaire que le gouvernement grec a pu présenter un déficit public sain inférieur à 3% du PIB et une dette sous contrôle ne dépassant pas 60% du PIB. Cette activité de conseil a d’ailleurs rapporté 300 millions de dollars (216 millions d’euros) à la banque.

Avant d’être nommé le 24 juin président de la BCE, Mario Draghi a été auditionné le 14 juin par les députés de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, il nie toute implication dans les faits énoncés. « La réponse de Draghi est qu'il n'était pas en charge des dettes souveraines. Pourtant le communiqué de presse publié par Goldman Sachs au moment de son embauche stipule qu'il “sera en charge de développer les activités de la banque auprès [...] des gouvernements et de leurs agences” rapporte sur son blog l’eurodéputé français Pascal Canfin.

Plusieurs voix se sont élevées contre l'arrivée d'un banquier d’affaire issu de l'établissement financier le plus contesté depuis le déclenchement de la crise de 2008. Le « diable de la finance », surnom donné à la banque d’affaire, a été poursuivie pour fraude dans le cadre de la crise des subprimes.

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