Groupama : sauvé par l'argent du contribuable

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Victime du poids des dettes souveraines dans ses comptes, l'assureur Groupamamutualiste était en négociation avec la Caisse des dépôts dimanche 4 décembre, selon le Figaro, pour la vente de deux de ses filiales pour plusieurs centaines de millions d'euros. Sans cette aide in extremis, Groupama ne pouvait surement pas terminer l'année. La menace de démantèlement du groupe d'assurances n'est cependant toujours pas écartée malgré l'intervention de l'Etat. Une aide réalisée grâce à l'argent du contribuable.

La direction et les salariés de Groupama peuvent maintenant respirer. Le groupe d'assurance mutualiste n'aura pas à brader ses actifs stratégiques pour regonfler d'ici la fin de l'année ses ratios de solvabilité. Les ratios de solvabilité du groupe, qui assurent qu'une entreprise ne se retrouvera pas en défaut de paiement et prouvent qu'elle peut répondre à ses échéances financières, sont en dessous de 100%. Ils étaient de 150% en 2010. Plus un ratio est faible, plus le risque d'un défaut de paiement est fort.

Un accord de «plusieurs centaines de millions d'euros»

L'accord, pas encore validé, qui se négocie entre Groupama et le bras armé de l'Etat, la Caisse des dépôts, est en deux temps :

  • Le rachat de Silic, la filiale foncière spécialisée dans les bureaux détenue à 44 % par Groupama, par celle de la Caisse des dépôts, Icade. Cette partie du plan de « sauvetage » est en accord avec la politique de croissance d'Icade, qui pèse près de 3 milliards d'euros en Bourse.
  • En contre-partie de l'acquisition de Silic, la Caisse des dépôts va en parallèle acquérir 300 millions d'euros d'actions au sein de Gan Eurocourtage. La filiale de courtage de Groupama étant une société profitable, la Caisse des dépôts espère un rendement à deux chiffres de son investissement.

Le but de cette opération de sauvetage est d'apporter assez de la Caisse des depots - photo Reutersfonds propres à Groupama pour que le groupe puisse satisfaire aux exigences de l'Autorité de contrôle prudentiel (ACP). L'ACP exige notamment que tout groupe d'assurance doit avoir des ratios de solvabilité supérieur à 100%. L'assureur doit d'ailleurs présenter dans quelques jours un plan de redressement à l'ACP.

En grande difficulté face à la crise de dette

Groupama est encore en grande difficulté face à la crise actuelle. L'assureur est engagé financièrement dans les dettes souveraines des pays de l'Europe du sud et dans des actions maltraitées en Bourse, comme celles de Veolia et de la Société Générale.

Mais cet accord avec la Caisse des dépôts peut permettre à Groupama d'envisager un peu plus sereinement l'avenir. Les syndicats espèrent que les risques de démantèlement sont maintenant écartés. Même si tous les actifs de Groupama sont encore susceptibles d'être vendus afin de satisfaire les exigences de l'ACP. L'assureur devra poursuivre de grands travaux de réorganisation pour atteindre un ratio de solvabilité de 150 % avant la fin 2012.

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