Colère des petits actionnaires à Montréal

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Quelques jours seulement après l'évacuation du camp des indignés M. D'Alesio et M. Robert (http://blogue.pierrelucdaoust.com)d'Occupons Montréal au square Victoria, l'endroit était de nouveau sous les feux des projecteurs dimanche 04 décembre. C'est dans ce lieu de contestation que deux actionnaires en colère se sont adressés aux médias, afin de dénoncer les pratiques frauduleuses de l'Autorité des Marchés Financiers.

Rien ne destinait le square Victoria à abriter un nouveau mouvement de contestation. Et quelle contestation, vu qu'ici ce sont deux actionnaires qui se portent partie plaignante. Rien ne destinaient Stéphane Robert et Lorenzo d'Alesio à se retrouver au centre des caméras, si ce n'est leur indignation envers l'AMF.

Suite au placement de l'entreprise Raymor, dont M. Robert est l'ancien PDG, sous la coupe de la Loi sur la faillite en 2009, et à sa privatisation en 2010, les deux hommes mettent en lumière l'absence de toute consultation des actionnaires préalable à ces actions. Les 8 000 petits actionnaires de Raymor ont donc perdu leurs investissements d’un total de 30 millions de dollars. C'est sur ce dossier que Messieurs Robert et D'Alesio tentent depuis 2009 d'attirer l'attention de l'Autorité des Marchés Financiers. M. Robert parle de « gens qui ne font pas leur travail » au sein de l'AMF. Ils ne les accusent nullement d'incompétence mais de laisser s’installer la corruption. Ils tiennent donc à ce qu'une enquête publique soit ouverte sur le cas de Raymor.

Pour Amir Khadir, député de Mercier présent au square Victoria ce dimanche, ce genre de pratique est courante, et les petits actionnaires ne sont que trop souvent les victimes silencieuses de ce type de restructuration. Il reconnaît la mauvaise régulation de ce type de restructuration, ainsi qu'une possible collusion entre l'Autorité des Marchés Financiers et des « gros bonnets ». La société est poussée à la faillite afin d’être racheté à un prix dérisoire par des « complices » de la Direction. Les actionnaires y perdent leurs investissements. L'AMF devrait mieux jouer son rôle en empêchant ces exclusions des petits actionnaires, selon le porte-parole de Québec solidaire.

Tour de l'AMF à la Bourse (crédits : Pierre-Luc Daoust)
Des indignés étaient présents lors de cette déclaration dimanche. Ils se sentent solidaires de ces petits actionnaires, qui sont eux-aussi victimes de la mauvaise régulation du système financier. Paul Bode, un des indignés présents, s'est expliqué : « ça peut surprendre de nous voir ici, (…) mais nous croyons que les petites entreprises génèrent beaucoup d'innovation et de créativité dans l'économie ». Il affirmait que M. D'Alesio et M. Robert faisaient également partie des « 99% », qui luttent pour une meilleure répartition des richesses concentrées entre les mains des « 1% » les plus riches.

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