Pass Navigo à prix unique : les entreprises gagnantes ?

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Instaurer un prix unique pour la carte Navigo, c'est le pari que se sont lancés les élus du PS et EuroSipa, via metrofrance.compe Ecologie - Les Verts. Dans un accord négocié avec discrétion, les deux groupes politiques souhaiteraient uniformiser les prix de cette "clé passe" francilienne. Financée par "une contribution exceptionnelle des entreprises", dixit le texte de l'accord, cette mesure s'adresse avant tout aux usagers des deux couronnes parisiennes. Les entreprises, elles, ne sont pas lésées pour autant.

Une bataille digne de celle pour le comptage des manifestants entre la police et les syndicats. Aujourd'hui encore, le chiffre officiel concernant le coût de l'opération du "prix unique pour le pass Navigo" n'est pas connu. 550 millions d'euros pour le Syndicat des Transports d'Île de France (STIF), environ 300 millions pour Cécile Duflot, présidente du groupe Europe Ecologie - Les Verts au conseil régional d'Île de France. Interrogé mercredi, le président de la région, Jean Paul Huchon, n'a pas su chiffrer le projet.

A première vue, si cette mesure semble aller dans le sens des usagers, elle permettra aussi aux entreprises de faire des économies. En effet, l'argent dépensé pour financer le projet pourrait être rapidement regagné grâce à la baisse du prix du pass Navigo.

Comment ? C'est simple. Les sociétés sont déjà sollicitées pour rembourser, généralement à hauteur de 50%, les frais de transport de leurs salariés. Si ces frais baissent, le remboursement sera logiquement amoindri. Une économie loin d'être futile, surtout quand on sait que les tarifs de la grande majorité des usagers (près de 80%) vont baisser. Dans certains cas, notamment ceux dont l'abonnement comprend les cinq zones, le prix passera d'environ 110 euros à 65 euros !

Mais tout reste à relativiser. Car la mesure prévoit aussi l'alignement du "taux du versement transport" des départements franciliens sur le taux parisien. Cette taxe, payée par les entreprises pour l'entretien des transports publics, est aujourd'hui de 2,6% pour la capitale contre 1,4% pour les Yvelines ou le Val-d'Oise !

Pour la gauche, instigatrice du projet, les entreprises seraient gagnantes. Pas pour la droite qui, relayée par la chambre régionale de commerce d'Île de France, voit en cette mesure "de nouvelles difficultés pour les entreprises".

Réponse en 2013, date à laquelle la mesure sera effective.

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