Le Rafale : l'échec du made in France

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François Fillon a déclaré, lundi 12 décembre, que la France ne comptait enUn Rafale - REUTERS- Nikhil Monteiro "aucun cas" abandonner le Rafale. Selon le Premier ministre la France doit continuer à promouvoir l'avion phare du groupe Dassault Aviation et garder ses compétences en matière aéronautique. Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, avait semé la confusion mercredi 8 décembre quand il avait concédé que la production du Rafale pourrait cesser s'il ne se vendait pas.

François Fillon s'exprimait sur la base aérienne de Saint-Dizier (Haute-Marne) devant les membres de l'armée de l'air qui ont participé aux opérations en Libye et en Afghanistan.

Le chef du gouvernement a insisté, la France a pu intervenir en Libye "grâce à ses moyens performants et polyvalents" et grâce aux "savoir-faire de nos industriels et de plusieurs générations d'ingénieurs et d'ouvriers". Le Premier ministre avait renchérit : "et je veux naturellement citer les mirages 2000 et le Rafale".

L'avion qui n'a jamais été exporté

Comme le Concorde dans le domaine de l'aviation civile, le Rafale n'a jamais été vendu à un autre pays. Et il ne le sera jamais. La liste des déceptions est longue pour le groupe Dassault. Depuis le lancement du programme en 1980 et sa mise en service en 2006, pas un seul contrat n'a pu être emporté sur le marché international :

  • Les Pays-Bas en 2001
  • La Corée du Sud en 2002
  • Singapour en 2005
  • Le soufflet marocain en 2007
  • L'iillusion brésilienne de 2009
  • Le revers cinglant aux Emirats arabes unis en novembre 2011
  • Finalement, le coup d'arrêt, la Suisse en décembre 2011

Il reste un petit espoir, le marché indien. Les autorités indiennes Charles Edelstenne  PDG de Dassault Aviation. Crédits photo -  photographie - Arnaud Fevrier
n'ont pas encore décidé si la commande de Rafale était validée.

Le Rafale reste un appareil polyvalent, réputé l'un des plus performants du monde mais aussi l'un des plus chers. Son concurrent direct, le F-18 américain, construit par Boeing, est moins coûteux.

Le constructeur américain, Boeing, est plus productif

La différence de prix entre les deux avions plaide en faveur de l'américain. Quand un Rafale coûte 147 millions d'euros, Boeing plafonne le prix de son F-18 à 43 millions d'euros.

"Lorsque nous, nous commandons 200 Rafale en dix ou 15 ans pour un programme, les Américains font 3 000 appareils", avait expliqué Gérard Longuet.

Charles Edelstenne, PDG de Dassault aviation, réfute les critiques, selon lesquelles le constructeur aéronautique vivrait aux "crochets de l'Etat" et ne chercherait pas à exporter son avion de combat dans une longue interview publié lundi 12 décembre dans Le Figaro. L'entretien a été mené par Etienne Mougeote et il faut préciser que le journal appartient au groupe Dassault.

M. Edelstenne rappelle que la politique est essentielle dans ces attribution de marchés. il estime que "les Etats-Unis mettent tout leur poids politique dans la balance pour empêcher l'exportation du Rafale".

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