Nicolas Sarkozy : 40 discours contre la hausse des impôts

Nicolas Sarkozy a prononcé pendant les quatre premières années de son mandatNicolas Sarkozy Photo Reuters 135 discours portant sur les impôts. Parmi ceux-ci, 40 ont précisé la volonté du gouvernement de ne pas vouloir augmenter les impôts et le taux de prélèvement obligatoire. Retour sur cette politique qui s'est achevée à l'annonce des plans de rigueur.

Nicolas Sarkozy voulait moins d'impôts en 2007

Alors candidat à l'élection présidentielle en 2007, Nicolas Sarkozy avait donné le ton, "Je n'augmenterai pas les impôts, mais au contraire ferai tout pour les baisser".

Candidat de la rupture et du changement, il dénonçait la rigidité des attitudes fiscales d'antan "Je ne vois pas quelle gloire on peut tirer du fait que nos impôts sont quatre points plus élevés que la moyenne de l'Union européenne".

Le constat est sévère pour le Président de la République. La crise de 2008, le renflouement des banques et les pressions sur les dettes souveraines européennes ont anéanti les promesses faites par Nicolas Sarkozy.

L'augmentation des impôts pour 2012 a été évalué à plus de 15 milliards d'euros. Conséquence des plans de rigueur qui ont été présentés par le Premier ministre, François Fillon.

De 2009 à 2011, la preuve en sept discours

Tout citoyen peut consulter librement les discours du Président sur le site internet de l'Elysée. Une simple recherche sur le site à propos de l'augmentation, ou non, des impôts est édifiante. L'Elysée s'était obstiné à maintenir le cap de la réduction d'impôts jusqu'en janvier 2011, malgré la crise.

Du plus récent aux plus anciens, sept discours de Nicolas Sarkozy ont été analysés.

Dans ses vœux au monde rural à Truchtersheim (Bas-Rhin), le 18 janvier 2011, Nicolas Sarkozy affirmait :

"Mais si nous voulons rester un pays indépendant, nous devons réduire nos dépenses car nous n'avons pas les moyens d'augmenter les impôts car nos impôts sont déjà trop élevés. D'ailleurs à ceux qui me demandent d'augmenter les impôts, je me demande bien pourquoi en même temps qu'ils me demandent d'augmenter les impôts, ils me disent qu'il faut préserver le pouvoir d'achat. Ou ceux qui me disent qu'il faut augmenter les impôts sur les entreprises et en même temps lutter contre les délocalisations".

Discours de Douai de Nicolas Sarkozy le 4 décembre 2008 - Pascal Rossignol - Rossignol

Au conseil économique, social et environnemental à Paris, le 14 janvier 2011, le Président se posait en défenseur de l'industrie française et du pouvoir d'achat.

"J'étais hier dans les usines Airbus. Est-ce que vous croyez qu'augmenter les impôts sur Airbus nous permettra de vendre plus d'avions ? Et alors que l'on me presse tant, à juste raison, sur la question du pouvoir d'achat des salariés, est-ce que l'on considère qu'une augmentation des impôts favorisera le pouvoir d'achat des salariés ?"

Les riches en prenaient pour leur grade et Nicolas Sarkozy se repositionnait en porte parole des classes moyennes.

"Bien sûr j'entends qu'il faut faire payer les impôts par les riches. Parce qu'à ce moment-là, on s'aperçoit que ce sont toujours les classes moyennes qui sont touchées. Ceux qui sont trop pauvres pour être riches et trop riches pour être pauvres".

Le 13 janvier 2011, le Président de la République était à Toulouse pour s'adresser aux forces économiques.

"J'ajoute que notre dépense publique représente aujourd'hui la moitié de la richesse produite. Certains me disent « il n'y a qu'à augmenter les impôts ». J'aimerais qu'on m'explique comment on peut augmenter les impôts sur les entreprises et continuer à vendre des avions comme vous y arrivez. Ou comment on peut continuer à augmenter les impôts sur les entreprises".

Les petites et moyennes entreprises (PME), des sociétés qui emploient entre 1 et 400 salariés, sont le moteur de la productivité française. Il en existe plus de 3 400 000 en France en 2011. Selon Nicolas Sarkozy, la crise n'a rien changé comme il l'a indiqué au colloque Planète PME à Paris le 15 juin 2010 :

"La crise n'a pas changé la donne. Elle n'a pas changé le fait qu'en France, il faut avant tout toute chose réduire les dépenses, et non pas augmenter les impôts qui réduisent la compétitivité des entreprises et le pouvoir d'achat des ménages".

En février 2010, le Président discourait sur l'avenir des territoires ruraux à Morée (Loir-et-Cher) :

"Donc, excusez-moi, l'autonomie ce n'est pas la folie fiscale, qui consiste à augmenter les impôts chaque année et à créer des emplois de fonctionnaires sans savoir qu'il faut payer les additions chaque année de manière récurrente alors que le pouvoir d'achat n'augmente pas suffisamment pour payer toutes les augmentations d'impôts. C'est cela aussi qu'il faudra répéter de temps en temps. Si l'autonomie c'est le droit d'augmenter les impôts et de créer des emplois de fonctionnaires qu'on n'a pas les moyens de financer, je ne suis pas sûr qu'on y gagne".

L'hémicycle de l'Assemblée Nationale

Lors de la table ronde sur l'attractivité du territoire national pour les industries de santé, à l'Élysée le 26 octobre 2009, Nicolas Sarkozy réaffirmait ses engagements de la campagne de 2007 :

"Je veux redire une nouvelle fois que je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts. Il n'y aura pas d'augmentation d'impôts, il y aura des diminutions d'impôts. C'est par la diminution d'impôts et le renforcement de la compétitivité de la France que l'on permettra aux Français d'avoir les emplois dont ils ont besoin et la croissance dont nous avons besoin. Augmenter les impôts, cela fait si longtemps que les gouvernements de gauche, de droite le font au plus grand détriment de la croissance".

Dans un article publié le 25 octobre 2011, les journalistes du Monde.fr ont répertorié les taxes et les prélèvements nouveaux mis en place avec ingéniosités par les sénateurs et les députés pour financer les initiatives politiques, ou compenser les pertes dûes à l'abandon d'autres prélèvements, comme la taxe professionnelle.

Conclusion : Depuis 2007, près de 40 nouvelles taxes et suppressions de niches fiscales.