Taxe Tobin : Nicolas Sarkozy en Robin des Bois

Henri Guaino, conseiller spécial du président de la République, a annoncé surNicolas Sarkozy - Gala.fr BFMTV-RMC, vendredi 6 janvier, qu'une décision sur une taxation des transactions financières en France serait prise "avant la fin du mois de janvier". Une taxe qui rapporterait 55 milliards d'euros.

Après la "TVA sociale", la taxe sur les transactions financières est la dernière réforme que le gouvernement veut lancer avant l'élection présidentielle. Elle est le fruit d'une idée proposée par le prix Nobel d'économie James Tobin.

Cette taxe est renommée en 1998 "Taxe Robin des Bois" par le collectif d'association Oxfam France, Attac et Coalition +. L'idée avancée par ce collectif est de "prendre aux riches pour donner aux pauvres".

Adopter la taxe avant le premier tour de l'élection présidentielle

Selon l'édition de Libération du vendredi 6 janvier, Nicolas Sarkozy souhaiterait rectifier la loi de finances pour faire adopter cette taxe avant l'élection présidentielle.

"Le fait que les transactions financières soient les seules transactions exonérées de taxe est inacceptable", a déclaré le Président, vendredi 6 janvier au soir, dans son discours de clôture du colloque "Nouveau Monde" organisé par Eric Besson, le ministre de l'Industrie. "La France milite pour la mise en place d'une taxe sur les transactions financières, nous n'attendrons pas que tout le monde soit d'accord, nous la mettrons en place car nous y croyons".

"Lorsque vous achetez un appartement, dans tous les pays du monde vous payez une taxe. Lorsque vous allez dans un supermarché pour vous nourrir, vous payez une taxe. Lorsque vous faites une transaction financière, vous ne payez pas de taxe. Qui peut comprendre? Qui peut l'accepter?", s'était-il interrogé.

La France est décidée à accélérer le rythme pour mettre en place la taxe sur la transactions financières.

Sur BMFTV-RMC, Henri Guaino déclarait : "C'est mieux s'il y a Henri Guainol'Allemagne, si on doit le faire avant les autres, j'espère qu'on le fera avec l'Allemagne. Nous allons continuer à en discuter dans les jours et les semaines qui viennent. Mais la France est prête à donner l'exemple sur ce sujet, comme elle l'a donné pour les bonus [des traders] et un certain nombre de réglementations en matière financière."

Le ministre de l'Economie et des Finances, François Baroin avait affirmé, plus tard dans la journée du 6 janvier, que cette taxe "verra le jour dans le courant de l'année".

D'après un article du Figaro publié vendredi 6 janvier, la taxe sur les transactions financières pourrait rapporter 55 milliards d'euros à l'Etat français. L'estimation faite par Bruxelles se base sur une taxation de 0,1% sur les actions et obligations et 0,01% sur les autres produits financiers.

L'Allemagne veut une proposition européenne

"La position allemande est inchangée: le but est d'aboutir à l'instauration d'une taxe sur les transactions financières dans l'Union européenne", a déclaré le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert.

La taxe sur les transaction financière devrait être discutée lors de la rencontre entre Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel lundi 9 janvier à Berlin.

Le chef du gouvernement italien, Mario Monti, a estimé, vendredi 6 janvier à Paris, "nécessaire que les différents pays européens n'aillent pas en solitaire dans l'application". "Mon gouvernement a fait une ouverture au sujet de la taxation des transactions financières et c'est un élément de convergence sur lequel on travaille".

François Hollande déclarait de son côté que "ce n'est pas la plus mauvaise idée [que Nicolas Sarkozy] ait eue, c'est dommage qu'il l'ait eue à la fin de son mandat et que les Allemands aient annoncé que pour eux, ce n'était pas le moment".

Derniers articles

Sur le même sujet

Dernières vidéos