Taxe Tobin : un étrange destin

L'idée de taxer les transactions financières est inspirée du Prix Nobel d'économie,James Tobin James Tobin. Il envisageait, en 1972, de taxer les transactions monétaires internationales pour stopper la spéculation, notamment sur les monnaies.

La taxe sur les transactions financières a été récupérée par divers mouvements politiques avant d'être proposée par Nicolas Sarkozy en novembre 2011 lors du G20 organisé à Cannes.

De 1984 à 2001, une idée portée par la gauche et les altermondialistes

La Suède est le premier pays a avoir expérimenté la mise en place d'une telle taxe dans les années 1980. L'aventure prend fin en 1990, la taxe avait provoqué la fuite de capitaux financiers hors du pays. Beaucoup d'économistes citent en exemple l'expérience suédoise comme une preuve empirique que l'instauration d'une telle taxe par un seul pays est un échec.

L'idée d'instaurer une taxe sur les transactions financières revient lors de l'élection présidentielle de 1995. Elle figure dans le programme du candidat socialiste Lionel Jospin. L'élection est cependant remportée par Jacques Chirac, candidat du Rassemblement pour la République (RPR).

Les altermondialistes créent en 1998 le mouvement "Action pour une taxe Tobin d'aide aux citoyens". Une association qui est mieux connue sous le nom d'ATTAC. Ils renomment la taxe Tobin : la taxe Robin des Bois. L'idée ici est de "prendre aux riches et de donner aux pauvres".

Nicolas Sarkozy dénonce "l'absurdité" d'une taxe sur les transactions financière lors d'un débat télévisé en 1999, qui l'oppose au premier secrétaire du parti socialiste (PS) François Hollande. "Si nous la faisons en France, on va encore la payer de dizaines de milliers de chômeurs supplémentaires" affirme-t-il.

En août 2001, Lionel Jospin, alors Premier ministre, se dit sur TF1 DSK et Lionel Jospin - AFP-PASCAL GUYOT"favorable à ce que la France propose que l'Union Européenne prenne une initiative sur une taxe sur les transactions financières au plan international". Gerhard Schröder, Chancelier allemand, prend la suite et appelle quelques jours plus tard à lancer un débat européen sur le contrôle des flux financiers spéculatifs.

En 2006, la droite s'empare du thème

En 2006, le président Jacques Chirac instaure une taxe sur les billets d'avion pour aider au financement de l'aide française au développement. Elle sera adoptée par 27 pays et a depuis rapporté près de 180 millions d'euros.

Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères, relance en 2007 l'idée d'une taxe sur les transactions financières d'un prélèvement "indolore" de 0,005 %. Abandonnée, elle aurait pu rapporter 30 milliards d'euros par an.

Finalement, retournement de situation en novembre 2011. Nicolas Sarkozy relance l'idée d'une taxe Tobin au G20 à Cannes. "Une taxe sur les transactions financières est techniquement possible, financièrement indispensable, moralement incontournable" assure-t-il.