Edvard Munch, le regard visionnaire

Écrit par Charlotte LESPRIT.


Le Centre Pompidou met en lumière l’un des plus grands artistes de la fin du XIXe et XXe siècle. Edvard Munch "Edvard Munch, l’oeil moderne" n’est pas une simple rétrospective chronologique, mais une exposition thématique sur les différents aspects de la modernité du peintre norvégien.

 

Munch, entre obsessions et angoisses

La mort, la souffrance et l’extrême solitude sont des thèmes régulièrement repris dans les peintures d’Edvard Munch. L’enfant malade, inspiré de la mort de sa soeur Sophie, a été reproduit plusieurs fois par l'artiste, adaptés car jamais assez parfaits aux yeux du peintre. Ses peintures prennent ainsi une valeur cathartique. D’autres motifs tels que l’amour et l’érotisme sont présents dans des  toiles chocs comme Le baiser ou Vampire, chacune reproduite en plusieurs versions. Cette reproduction quasi systématique (qui impressionnera Andy Warhol) est le reflet d’un fort attachement de l’artiste envers ses peintures, un besoin viscéral d’être entouré par ses tableaux et de s’en inspirer constamment. Puberté, souvent regardée avec effroi, est l’une de ses oeuvres les plus bouleversantes; elle explore la tristesse et la mélancolie.

Le dialogue contemporain

L’artiste norvégien s'accommode de l'essor que prend la presse à son époque, celle qu'il lit quotidiennement l'inspire aussi en termes de format et d'obejctif. Par exemple, certaines de ses œuvres ressemblent à s'y méprendre à des photographies. Ses peintures incluent le spectateur dans l’espace du tableau et l’espace d’optique accentue l’effet de perspective. Cheval au galop, datant de 1910-1912, grâce à son mode de composition dynamique accentue la relation au maximum entre le tableau et celui qui le regarde.

Une certaine symbiose

Edvard Munch, dès la fin des années 1920 et après une longue interruption, recommence à photographier. Il décide alors de produire une série d’autoportraits photographiques dont certains avec ses œuvres. Le norvégien semble vouloir faire corps avec sa peinture. Après 1920, il a réalisé  plus de quarante autoportraits peints sans compter les photos, gravures et son film.  L’alcool, la maladie (Munch a été atteint de la grippe espagnole), les cliniques, les moments de la journée, Rosa Meissner...L’artiste se met en scène sous différents aspects et à différents moments de sa vie. Par l’autoportrait, Munch «retourne le regard comme un gant» et exprime le chaos général qui règne dans son cerveau.
«L’oeil moderne» nous présente un autre Edvard Munch. Au-delà du peintre torturé du Cri, découvrez les illusions d’un artiste dont l’oeil visionnaire, à la fin malade,  observa un XXe siècle tourmenté.

Edvar Munch, l'oeil moderne
Centre Pompidou 
75004 Paris
Jusqu'au 23 janvier 2012

Charlotte LESPRITJournaliste - Culture
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