Bruno de Stabenrath sur Xavier Dupont de Ligonnès : “Quand j’aime les gens d’amour ou d’amitié, c’est pour la vie.”

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INTERVIEW / VIDEO - Presque 10 ans après la disparition de Xavier Dupont de Ligonnès et le meurtre de sa famille, l’auteur Bruno de Stabenrath est revenu sur son amitié de longue date avec le tueur présumé. Il était l’invité de Storytelling, mercredi 4 novembre, pour présenter son livre “L’ami impossible”. Selon lui, son vieil ami pourrait se cacher au Texas.

Derrière son écran, l’interview se faisant en appel vidéo, Bruno de Stabenrath apparaît fatigué. Un large sourire qui ne cache pas ses yeux qui semblent tournés vers le passé. “Il était mon ami”, commence-t-il. “Ce qui veut tout dire.” Bruno de Sabenrath rencontre Xavier Dupont de Ligonnès, futur fugitif le plus recherché de France, au lycée Saint-Exupéry, à Versailles. “On habitait la même rue, on avait la même moto, la même veste...” se rappelle-t-il. Si depuis des années beaucoup ont présenté Xavier Dupont de Ligonnès comme un personnage charismatique et haut en couleur, l’auteur parle de son ancien camarade comme quelqu’un de bien plus discret qu’on ne l'imagine. Quelqu’un qui “n’aimait pas la foule”, voire qui la fuyait explique-t-il. Mais un homme qu’il n’avait jamais perdu de vue.

“Jusqu’à la veille des crimes c’était un garçon bien”

"L’ami impossible" est une manière pour l’auteur de pouvoir enfin tourner la page. Un moyen de “tout remettre à plat” mais aussi de ne “pas résumer Xavier qu’à ses crimes”. Bruno de Stabenrath espère ainsi partager une autre facette de l’auteur présumé du quintuple meurtre de sa famille. Un autre visage de celui qu’il a connu. “Jusqu’à la veille des crimes, c’était un garçon bien”, assure-t-il. S’il est absolument persuadé de la culpabilité de Xavier Dupont de Ligonnès, Bruno de Stabenrath se demande toutefois comment la justice pourrait réussir à le condamner s’il retrouvait le père de famille disparu. “Je suis sûr à 99% que c’est Xavier qui a tué sa famille. Qui d’autre, quand tu y réfléchis ?”, se demande l’écrivain. “Mais si demain on arrête Xavier, à moins d’avoir des aveux, on n'a pas l’arme du crime, on n'a pas d’empreinte, on a des traces nulle part !(...) Le pire serait qu’on arrête Xavier, car je pense qu’il est toujours vivant, et qu’il dise devant le juge « je n'ai rien à voir avec cette affaire, ce n'est pas moi ». Ça, ce serait terrible.”

“Je dois m’en tenir à mon rôle d’ami”

En vie et coupable. Voilà comment Bruno de Stabenrath voit aujourd’hui son ancien camarade de classe. Cette personne de qui il fut si proche pendant des années. Et pourtant, “quand j’aime des gens d’amour ou d’amitié, c’est pour la vie”, confesse-t-il. “Je ne suis ni un juge, ni un avocat, ni le bon Dieu, je suis un ami. Et je dois m’en tenir à mon rôle d’ami et être là le jour où il se rendra pour écouter ce qu’il a à dire. C’est important”. Presque une décennie après les meurtres, Xavier Dupont de Ligonnès est toujours activement recherché par les autorités. Bruno de Stabenrath, lui, a les yeux tournés vers les Etats-Unis.

“Un petit village au Texas que Xavier avait toujours en tête.”

Dans son livre, "L’ami impossible", Bruno de Stabenrath révèle “qu’il y a un endroit que Xavier avait toujours en tête”. “C’est un petit village au Texas, dans le comté de Brewster qui s’appelle Alpine”. Xavier Dupont de Ligonnès avait cette destination en tête depuis de nombreuses années, selon l’auteur.  Il explique être entré en contact avec les autorités et le Shérif de la région et qu’une enquête est toujours en cours. “Xavier était amoureux d’une fille qui s’appelait Mindy et qui habitait dans un très beau ranch là-bas. J’ai des photos de lui dans ce ranch, d’ailleurs. Il a toujours dit que son rêve c’était de s’installer là-bas”. Un simple rêve qui devient une nouvelle piste dans la traque du tueur présumé ou, peut-être, juste une idée parmi tant d’autres. Xavier Dupont de Ligonnès n’a pas été aperçu depuis le 15 avril 2011.

Regardez l'émission en vidéo

 

"L’ami impossible", Bruno de Stabenrath, Gallimard, 528 pages ; 22 euros. 

 

Photo : DR

 

 

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