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Bakhita de Véronique Olmi : Un drame encore bien réel

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LITTERATURE - Le dernier livre de Véronique Olmi, Bakhita évoque l'histoire d'une survivante. Ce roman fait écho à un contexte politique similaire où les migrants finalement arrivés en Libye deviennent esclaves et non plus Hommes.

 

"Esclave, elle ne sait pas ce que c'est exactement. C'est le mot de l'absence, du village en feu, le mot après lequel il n'y a plus rien." Entre le nouveau roman de l'auteure Véronique Olmi et le contexte actuel, l'écart est mince. Il y a quelques jours, des journalistes de la chaîne américaine CNN ont assisté en Libye a une vente d'esclaves. Les images de ce marché aux esclaves a secoué la terre entière. Ce weekend, des milliers de personnes se sont réunis sur les Champs Élysées afin de dénoncer ce cauchemar humain. Loin des droits de l'Homme, ces réfugiés fuient l'enfer pour y retomber.

L'enfer

Survivants des différents conflits au Soudan, au Niger ou du Tchad, les migrants espèrent arriver en Libye pour accéder à l'eldorado européen. Arrivés dans l'ancien fief de Kadhafi, ils se retrouvent livrés à un funeste sort. Entre contrebandiers et Daesh qui les achètent pour quelques centaines d'euros, ces migrants retrouvent l'enfer qu'ils ont tenté de fuir. Commence alors la traite d'esclaves: viols, demandes de rançons pour leurs familles, tortures en tout genre.
Les équipes de CNN ne sont pas les premières à être témoins de ce drame. Différentes ONG et journalistes ont assisté à ces marchés humains. L'OIM - Organisation internationale pour les migrations - publiait en avril dernier un rapport sur "des marchés publics aux esclaves". Malgré les nombreux témoignages d'alerte, ce rapport n'a pas semblé attirer l'attention. L'ONU, elle, évoque malgré tout de possibles crimes contre l'humanité.Tandis que la Libye devient de jour en jour une zone de non droit, le gouvernement ne s'inquiète du sort de ces migrants victimes du trafic d'humain.

De Bakhita à Suleyman

Sélectionnée pour le Goncourt des lycéens, le dernier livre de Véronique Olmi fait écho à cette réalité. Bakhita, héroïne de ce roman est une jeune soudanaise. Provenant du Darfour, elle subit depuis son plus jeune âge une guerre civile qui lui enlèvera parents et avenir. Kidnappée, violée, maltraitée, Bakhita est une survivante. Victime de la traite humaine, elle deviendra finalement bonne soeur. Véronique Olmi a décidé de mettre l'histoire de cette femme en lumière.

Ce constat libyen rappelle celui de Bakhita et celui de bien d'autres. Suleyman, trentenaire soudanais est l'un de ces victimes. Après avoir fuit le Darfour, le jeune homme parvient finalement en Libye. Commence alors la deuxième descente en enfer: des hommes le kidnappent pour le transformer finalement en esclave. Il doit alors s'occuper jour et nuit des chameaux, doit manger les mains et les pieds liés comme un animal. Même s'il finit par s'échapper, ce moment reste traumatisant. Il pensait être sauvé du Darfour, mais "il y a peut-être pire que le Darfour finalement ».

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