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Stan : « Le théâtre sert à montrer la vérité crue »

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REPORTAGE - Actuellement sur scène pour présenter son spectacle Quelque chose en nous de De Vinci, l'humoriste Stan s'est livré aux micros de Fréquence ESJ sur sa vision de l'humour. Une interview pleine de bons sentiments.

De son vrai nom Christophe Carotenuto, l'humoriste Stan ne voit pas l'humour comme tout le monde : « Je pense que l'humour a plusieurs définitions. Beaucoup assimilent l'humour à quelque chose de bête. Je pars du postulat que les gens sont intelligents. On peut leur parler de Rimbaud, de Racine, de la Joconde sans que ce soit chiant. On vit dans une société où la culture est associée à quelque chose de chiant. Ce que j'aime, c'est partager mes passions, avec l'humour comme lien. Le principal, ce sont les histoires.» C'est de cette vision qu'est né son spectacle Quelque chose en nous de De Vinci, qu'il présente sur scène depuis 2015, à la Nouvelle Seine de Paris. « Le titre est lié au personnage de La Joconde que j'incarne dans le spectacle, qui dit ça. On a tous des rêves, des talents ou des envies cachée, empêchés par la société. Le spectacle parle de ça, de la chenille qui devient papillon

Pour Stan, l'humour n'est pas une fin en soi, bien au contraire : « Le rire est un outil pour raconter des histoires (...) L'humour est très noble. Alexandre Astier disait qu'il voulait lui rendre ses lettres de noblesse, ça m'a beaucoup porté. Charlie Chaplin l'utilisait pour véhiculer des idées très intellectuelles

Alexandre Astier justement, est un de ses mentors. « C'est quelqu'un qui m'inspire beaucoup. Il fait quelque chose par rapport à ce qu'il aime, comme quand il parle de Bach par exemple. Et il arrive à toucher avec un spectacle très personnel.»

« Les mots seuls ne riment à rien »

Grand amateur d'art, Stan aime l'idée de voir un spectacle comme une toile blanche, encore vierge mais pleine de possibilités : « Le seul en scène est une toile blanche, un espace de liberté où on peut tout mettre. On peut danser, rapper... La seule contrainte, c'est de faire rire.» L'occasion pour lui d'incarner une myriade de personnages, qui restent une part de lui : «Rimbaud disait « Je est un autre. » Les rôles que je joue sont des révélateurs de mon identité, pas des masques. Le théâtre sert à montrer la vérité crue

Rapidement passé par le cinéma et la télévision, des univers qu'il souhaite retrouver dans le futur, Stan n'en oublie pas pour autant sa formation ( le Conservatoire National de la Région de Marseille, entre 2001 et 2004) et son amour inconditionnel pour la scène : « Quelque chose de filmé n'a pas le même impact que sur scène. Les spectateurs viennent jouer avec les acteurs, pas simplement les voir comme dit Michel Bouquet. Quand le public est connecté, j'ai l'impression de ne pas jouer, mais de me laisser jouer

La connection avec le public, ces liens qui retiennent l'artiste et les spectateurs. L'un des plus importants pour Stan, n'est autre que le silence : « Un des liens avec le spectateur, c'est le silence. Pour moi le théâtre, c'est vraiment «le silence interrompu par la parole». Les mots seuls ne riment à rien

En essayant de se détâcher du réel dans ses représentations, Stan se distingue de l'un de ses amis, Guillaume Meurice : « Guillaume est très attaché à ce qui est réel. Il a une vraie science pour ça. Il arrive à mettre les gens face à leurs contradictions en trois ou quatre questions.»
Les deux amis ont enseigné le théâtre à plusieurs reprises. Deux visions différentes mais complémentaires, qui font bien comprendre que le théâtre, l'humour est même l'art en général ne se limitent pas à leur propre univers.

Quelque chose en nous de De Vinci

écrit et réalisé par Stan, mis en scène par Elsa Granat

A la nouvelle scène de Paris tous les mardis, à 20h

Toutes ses dates sur son site internet, www.stanlesite.com

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