Guillaume Meurice : « J'aime mettre les gens devant leurs contradictions »

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INTERVIEW/VIDEO - Présent tous les jours sur France Inter dans l'émission « Si tu écoutes, j'annule tout », Guillaume Meurice n'en oublie pas son premier amour pour autant. À l'affiche de son spectacle « Que demande le peuple ? », il y incarne Xavier, conseiller du Premier ministre Manuel Valls, qui va tenter de réconcilier la politique et les Français : « Je prends le public à partie, j'interagis avec lui, c'est un vrai personnage et un vrai défi pour moi ».

Sans réelle ambition, il intègre le Cours Florent en 2002. Pourquoi ? « Parce que je venais de province et c’est la seule école que je connaissais ». Tout simplement. « C'est ma famille qui voulait que je fasse du théâtre, pour canaliser mon énergie ».

Il reçoit son diplôme en 2005, grâce à « un professeur génial [qu’il a] eu en deuxième année, qui ne [lui] faisait bosser que des pièces compliquées ». Il crée ensuite en 2007 son premier one man show, baptisé « Annulé », puis « Mort de rire » en 2008 et enfin « Tout le monde y passe » la même année : « J'aime cette liberté qu'on a dans le one man show, et faire marrer les gens ». Même s'il « ne court pas après les rôles au cinéma », il fait une apparition dans le film « Enfin veuve » d'Isabelle Mergault, en 2008. Sans pour autant avoir envie d'y retourner : « Tourner au cinéma, c'est chiant ».

« On ne peut pas dire que tout le monde m’aime ! »

Il intègre France Inter en 2012 avec l'émission « On va tous y passer » jusqu'en 2014. Il intervient ensuite dans « Le cinq à sept », puis dans « Si tu écoutes, j'annule tout ». Depuis 2015, avec la chronique « Le moment Meurice », il intervient tous les jours avec des interviews de la population, sur des sujets qui font l'actualité : Donald Trump, Marine Le Pen, Henry de Lesquen... Il mêle le reportage sur le terrain avec la chronique humoristique en studio en tournant ses interlocuteurs en dérision. Il traite beaucoup de politique, bien « [qu'elle ne soit] pas le terrain de jeu favori des humoristes ». « J'aime mettre les gens devant leurs contradictions dans cette chronique. Et puis si la société va bien, je fais quoi ? » s’interroge–t-il.

Toujours dans le politiquement correct, Guillaume Meurice ne s'impose pas de « réelles limites ». Ce n'est pas l'avis de « La nouvelle édition », de Canal +, qui n'a pas souhaité qu'il intervienne sur le plateau en janvier 2015,  avec une chronique dévoilant un dessin de Charb. « Le mec n'était même pas enterré. Et on m'a dit non pour des raisons de sécurité. Je n’ai jamais regretté mon choix de ne pas prendre l’antenne ».

L'humoriste renvoie une image de philanthrope, amoureux des gens, qui souhaite plus que tout faire rire : « Mais on ne peut pas dire que tout le monde m'aime, même si certains ont posé la question ». Le temps nous le dira.


Storytelling - 11-05-16 - Guillaume Meurice sur... par FrequenceESJ