La culture, dernier rempart assiégé par la pandémie

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CORONAVIRUS - Lors de son allocution télévisée lundi 16 mars 2020, Emmanuel Macron a annoncé une série de dispositions d’une radicalité inédite afin de lutter contre la pandémie de coronavirus. Un arsenal de mesures qui met en pause toute l’économie du pays et qui plonge, notamment, le milieu culturel en pleine crise.

 

« Nous sommes en guerre ». A six reprises, cette expression est venue rythmer le discours du président de la République. Un ton martial, sonnant la mobilisation générale contre un « ennemi invisible, insaisissable ». Le mot d’ordre est clair : les Français doivent rester chez eux. Aussi, ce sont tous les cinémas, musées, salles de spectacles et autres lieux culturels qui ont vu leurs portes se fermer. Pièces de théâtre, concerts, opéras, expositions… autant d’événements qui oscillent entre report et annulation. Tout comme le nouveau James Bond, « No time to die » dont la sortie mondiale a été décalée d’avril à novembre.

La culture à genoux

L’épidémie de Covid-19 est un véritable désastre pour l’économie de la culture, univers déjà malmené depuis plusieurs années. Claude Cyndecki, directeur général de Cheyenne Production, se confie dans un entretien accordé à La Croix : « il y a d’abord eu les attentats en 2015, puis les gilets jaunes, les grèves contre la réforme des retraites et maintenant ça. On est fatigués, on est à genoux, ce n’est vraiment pas facile ». Un chemin tracé vers la faillite se dessine pour cette entreprise qui a dû reporter près de 200 spectacles et dont la trésorerie est exsangue. Un exemple entre mille… Emmanuel Macron s’est pourtant voulu rassurant : « Pour ce qui concerne la France, aucune entreprise, quelque soit sa taille, ne sera livrée au risque de faillite ». Tout un pan de l’économie est touché à l’heure où les factures se multiplient pour des entreprises qui ne voient plus d’argent rentrer. Effet boule de neige, ce sont également des milliers de salariés et d’intermittents qui craignent pour leur avenir et pour leur statut. C’est tout un secteur qui appelle au secours. Beaucoup ont déjà fait l’impasse sur l’aide de leur assurance, ne s’étant pas protégés contre les annulations de spectacle.

« Lisez ! »

Après l’annonce d’un certain nombre de mesures visant à soulager les entreprises les plus touchées, l’exécutif invite toute la population à faire preuve de solidarité. Si l’économie de la culture est durement frappée, elle peut, outre les mesures annoncées par l’exécutif pour venir en aide aux entreprises, compter sur le soutien des différents acteurs sociaux. Dans les jours à venir, la France pourrait s’inspirer de ses voisins européens comme la Hongrie avec le hashtag #NeRenvoiePasLesBillets. La demande est simple : ne pas demander le remboursement de ses places de spectacles annulés. Une initiative largement relayée sur les réseaux sociaux de nature à amortir le choc des annulations en masse.

Même en cette période de crise, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Il y a bien un rare épargné : Albert Camus ! Les ventes de « La Peste » explosent face à la pandémie de coronavirus. Si la plupart des événements ne peut plus avoir lieu, la culture n’est pas à compter au nombre des victimes du Covid-19. Au contraire, ce moment de confinement national pourrait être aussi l’occasion d’un renouveau intellectuel et culturel. « Lisez ! », s’est exclamé Emmanuel Macron, soulignant la force et la valeur du fait culturel dans des instants de grande difficulté.

 

Photo : Médias24

 

 

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