5 fausses idées sur la chute du Mur de Berlin

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CULTURE - Il y a 30 ans, le 9 novembre 1989, le Mur de Berlin s’effondrait. Pour l’occasion, la rédaction de Fréquence ESJ revient sur 5 faux mythes sur la chute du Mur.

 

1. Le Mur de Berlin n’était fait que d’un seul mur

En réalité, le Mur de Berlin était constitué de deux murs. Ils séparaient la République Fédérale Allemande (RFA) tenue par la France, l’Angleterre et les Etats Unis, de la République Démocratique Allemande (RDA) sous le joug de l’URSS. Une distance de 146 mètres les séparait. C’était le « couloir de la mort ». Dans ce couloir, deux tours de garde se tenaient l’une à côté de l’autre. Elles permettaient de surveiller le passage entre les deux murs. Pour renforcer cette surveillance, de grands projecteurs et des fils barbelés encadraient le couloir. Si quelqu’un essayait de s’enfuir de l’Est vers l’Ouest, les gardes avaient pour ordre de tirer. Un million de mines étaient également installées le long de la frontière. 

5 075 personnes ont essayé de s’échapper de Berlin Est. Tous les moyens étaient bons : se cacher dans le coffre d’une voiture, creuser des souterrains sous le mur ou le survoler dans un ballon dirigeable. Tous risquaient leur vie, 140 y ont laissé la leur. 

 

2. L’ URSS a décidé de construire le Mur

En 1952, les Soviétiques décident de fermer la frontière entre l’Allemagne de l’Ouest et l’Allemagne de l’Est. Mais Berlin est épargnée et reste unie. Les berlinois de l’Est sont de plus en plus nombreux à fuir vers le côté ouest. Les conditions de vie sont meilleures. Le leader de la RDA, Walter Ulbricht, veut procéder au verrouillage de la frontière berlinoise pour empêcher cette migration. Les soviétiques refusent. Ils craignent que leur image soit ternie et pense aux difficultés techniques d’une telle installation. Pendantneuf ans, ils refuseront. 

De son côté le gouvernement de Walter Ulbricht commencent les préparatifs. Ils stockent le ciment et les fils barbelés et mettent en place un groupe de travail secret. C’est ainsi qu’ils planifient la fermeture des rues, des réseaux ferroviaires et du métro. Le 13 août 1961, le Président du conseil des ministres de l’URSS, Nikita Khruchtchev, donne son accord. Le Mur de Berlin se construit. 

 

3.  Ronald Reagan est le point de départ de la chute du mur

Le président américain fait un discours à Berlin en 1987 et demande à Mikhaïl Gorbatchev, le secrétaire général du parti communiste de l’URSS, d’abattre le Mur. Bien qu’important, le discours ne déclenche pas la chute du mur. Les réformes de Mikhaïl Gorbatchev en URSS ont été bien plus importantes. Il rétablit le dialogue avec les Etats-Unis et arrête les essais nucléaires. Malgré ces avancées, en novembre 1989, personne n’imaginait la chute du Mur de Berlin. Suite à de nombreuses manifestations, les dirigeants de l’Allemagne de l’Est avaient décidé d’assouplir les conditions obtention des visas. Jusqu’ici, il était interdit de circuler entre la RFA et la RDA. Guenter Schabowski, un officiel du Parti communiste est chargé d’annoncer cet assouplissement lors d’une conférence de presse. Une journaliste le questionne sur la date effective de la nouvelle loi. Mal préparé, Guenter Schabowski improvise et déclare « Autant que je sache, immédiatement ! ». Diffusée en direct par la télévision Est-allemande, des dizaines de milliers de Berlinois Est se ruent vers le mur. Débordés et sans instruction de leurs supérieurs, les gardes-frontières cèdent. L’ un deux, Harald Jäger, prend la décision d’ouvrir le Mur. A 23h30, c’est lui qui ouvrit la barrière. 

 

4.  La chute du mur s’est faite en un soir, du 9 au 10 novembre

Berlin était scindé en deux par un mur de 43 kilomètres. Il n’a donc pas été détruit en une nuit. Les allemands ont commencé à détruire le mur à coups de marteaux. Il aura fallu 2 ans pour supprimer toutes les fortifications frontalières autour de la ville et 4 ans pour retirer les pierres qui séparaient l’ancienne frontière entre l’est et l’ouest de l’Allemagne. Aujourd’hui encore, il reste des mines à Berlin. Des fragments de mur sont encore présents à certains endroits de la ville.

 

5. Les allemands sont enthousiastes à l’idée de célébrer la chute du mur

Le 9 novembre n’est pas un jour de fête en Allemagne. C’est à cette date qu’a eu lieu la Nuit de Cristal. En 1938, les Nazis ont brûlé les synagogues, les magasins et maisons juifs… Une partie de l’histoire allemande difficile qui partage les allemands entre joie et sévérité. Aujourd’hui, de nombreux Allemands appellent à célébrer comme il se doit la chute du mur. En 2007, le vice-président du Bundestag, Wolfgang Thierse a encouragé les allemands à être « un peuple normal, ordinaire et quelconque ». L’ Allemagne doit durablement commémorer les victimes de l'Holocauste, mais aussi « se souvenir des moments de bonheur de son Histoire »  avait-il ajouté.

 

Photo : AFP

 

 

 

 

 

 

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