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Haroun : « Mon rôle est de faire rire, pas d’attaquer les gens »

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INTERVIEW/VIDEO - L’humoriste Haroun était l’invité de Storytelling mercredi 7 novembre. Il est revenu sur son humour subtil devenu sa marque de fabrique et la place qu'il donne à l'interaction avec le public dans ses spectacles.

 

L’humour est un exercice complexe. Manier le mot avec aisance, adopter un ton hautain, exploiter chaque faille de notre monde pour en sortir des blagues caustiques, tous ces talents ne sont pas donnés à tout le monde. Haroun les utilise à la perfection. Ce n’est pas pour rien que l’humoriste est considéré comme le futur du stand-up. À l’âge de 32 ans, il amène un vent de fraîcheur sur une scène dominée par l’humour potache, parfois « cru » et sans relief. Cette sensation de facilité, l’humoriste ne l’affectionne guère : « J’aime bien quand les gens font un effort intellectuel pour comprendre mes blagues ». Mais il ne la blâme pas pour autant. Au contraire, « cet effort peut avoir lieu dans n’importe quel type d’humour. Il faut juste savoir le maîtriser ».

« Je n’ai jamais provoqué la susceptibilité »

La subtilité d’Haroun est devenue sa marque de fabrique. C’est aussi tout un procédé où le silence prend une place importante lors de ses spectacles. Un travail millimétré que l’humoriste compare à de la musique. « Le silence donne le temps nécessaire au public pour comprendre les blagues que je fais sur des sujets complexes et tabous. Dès la fin de ce processus, le rire s’installe ainsi qu’un climat de gêne factice ». Ce dernier mot prend là tout son sens. Son public, Haroun le bichonne. Il le met en avant lors de sessions d’improvisations en participant à la construction d’un sketch. L’humoriste le vanne mais ne le blesse pas. Un travail d’équilibriste et délicat qu’Haroun s’impose. « Ce n’est pas mon objectif de m’attaquer aux gens. C’est le métier des polémistes ou de certains journalistes ». De ce milieu médiatique, Haroun s’en est éloigné. Il a mis fin à sa collaboration avec Thierry Ardison après seulement trois participations. Il n’a pas supporté la coupure de certaines parties de ses sketchs : « avec le montage, on peut faire comprendre n’importe quoi ». Mais cette expérience l’a conforté sur son idée. La scène est définitivement son domaine de prédilection. Il y a cette proximité avec le public que la télévision ne peut lui fournir. Oui, Haroun bichonne son public. Et à chaque représentation, il le lui rend bien.

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