Emma Hoet : « Dans mes chansons, j’aime vraiment qu’il y ait un début, une fin et pas juste des mots à la volée »

(Reading time: 5 - 9 minutes)
Emma_Hoet_Joanna_Doukov.jpg

INTERVIEW - Le troisième single de la jeune chanteuse lilloise Emma Hoet est sorti vendredi 10 juillet. "Arrogance Bikini" mêle univers rétro, sonorités estivales et innocence. Un titre qui se retrouvera sur son premier EP, Cartes Postales, à l'automne.

 

A 23 ans, Emma Hoet est musicienne, auteure et interprète. Elle s’est lancée dans son premier projet solo et ses deux premiers singles, "Hot Chocolate" et "Chute Libre", donnent le ton d’une musique fraiche et entrainante. Inspirée par le temps et la nostalgie d’été, Emma Hoet s’est confiée à Fréquence ESJ sur son parcours, ses influences et son tout nouveau single : "Arrogance Bikini".

Fréquence ESJ : Comment est-ce que ton envie de faire de la musique est arrivée ?

Emma Hoet : En fait, je fais de la musique depuis que je suis toute petite avec mes frères. On est tous les trois dans une sphère musicale. C’est une passion qui nous a été transmise par notre père. Il a toujours été passionné et c’est lui qui nous a appris à avoir du goût, si on veut, et qui nous a montré les différentes scènes. On a fait notre petit chemin à partir de ça !

Il y a des artistes qui t’ont particulièrement influencé ?

E.H : Carrément ! En fait je suis partie en Angleterre trois ans pour mes études. J’ai fait exprès de rester carrément à côté de la musique, au cas où ça ne fonctionne pas non plus comme j’aimerai. J’ai fait des études de management. Mais j’ai été très influencée par la scène UK. Mon groupe préféré de tous les temps c’est Oh Wonder. Sinon, je suis très influencée par la scène française évidemment. Tout ce qui est L’Impératrice, Angèle et tous les petits projets un peu indépendants qui sont en train de se développer en ce moment.

Pendant que tu étais à Londres, à partir de 2017,  tu as sorti deux collaborations : « The One » avec Stupead et « U Got My Heart » avec Clément Leroux. Ce sont ces deux singles qui t’ont donné envie que la musique devienne ton métier ?

E.H : J'ai commencé la musique en arrivant à Londres, en me disant : « oui je peux essayer d’en faire un vrai projet ». Avant, j’adorais la musique, j’adorais chanter, j’adorais faire du piano mais je n’avais jamais considéré en faire ma vie. Quand je suis arrivée à Londres, je me suis retrouvée avec beaucoup de musiciens qui ne faisaient que ça et je me suis dit « pourquoi pas moi ! ». 

Pour ton premier projet solo, t’as donc décidé de passer au français. Pourquoi ne pas continuer à chanter en anglais, c’était un choix important ?  

E.H : Oui et j’ai eu un peu de mal à faire la transition en fait. Quand j’étais plus jeune, j’étais à l’école internationale. J’ai toujours été dans un environnement un peu anglo-saxon.  En Angleterre, pour moi, c’était inimaginable de ne pas chanter en anglais ! Au final, je suis rentrée à Paris après mon diplôme, et j’ai découvert la scène parisienne, tout ce qui était très « french touch » et j’ai trouvé ça vraiment cool. Je sais parler anglais, je sais parler français donc autant faire les deux ! Comme c’est ma langue natale, j’ai l’impression de poser vraiment des mots sur ce que je pense et ce que je ressens. C’est beaucoup plus dur quand on y pense. Alors qu’en Anglais, ça peut être universel. J’avais un peu peur de ne pas trouver les mots et donc j’ai travaillé sur ça. Maintenant, c’est beaucoup plus simple.

Comment ça se passe d’ailleurs quand tu écris tes chansons, c’est quoi ton processus artistique ?

Emma Hoet : Je commence en général sur mon piano, sur la mélodie et les accords. Ensuite, je revois ma prod, tous les arrangements avec mes frères qui sont aussi musiciens. Ils sont DJ et producteurs. Et ensuite, je vais voir mon meilleur pote qui s’appelle Blowsom et on finit vraiment toute la chanson. Lui, il fait de la guitare et il sait rendre les titres un peu funky comme j’aime bien. Donc je fais vraiment ça avec mon entourage.

Fréquence ESJ : Pour ton EP Cartes Postales qui va sortir en octobre, chaque chanson correspond à une saison. Le temps est un thème qui t'inspire particulièrement ? 

E.H : En fait je suis hyper influencée et inspirée par le temps : le temps qui passe mais aussi la météo. Ça m’évoque beaucoup de choses. Mais c’est surtout la nostalgie de l’été qui me parle. J’avais envie de faire un EP tout autour de ça. Donc chaque chanson de l’EP est en rapport avec le mood que je ressens à chaque fois, chaque année à cette période. Par exemple "Hot Chocolate", qui est déjà sorti, c’était vraiment l’hiver quand tu as un peu la flemme de sortir, t’as envie de rester chez toi parce qu’il fait froid. "Chute Libre", c’est l’arrivée du printemps, quand tout commence à refleurir. C’est la saison des amours aussi donc ça parle d’une histoire d’amour. Et, là, les prochains titres sont vraiment très été.

Tu travailles aussi beaucoup les clips. Celui de "Hot Chocolate" est un plan séquence et celui de "Chute Libre" a été réalisé par ton frère pendant le confinement. C’est important pour toi l’image que tu renvoies, les clips ?

Emma Hoet : J’ai vraiment envie de plonger les gens dans mon univers en fait. Je trouve que faire un clip, ça annonce directement la couleur de quel message je veux faire passer, quelle image je veux faire passer aux publics. Pour le clip de "Chute Libre", c’était pendant le confinement donc on a dû faire un peu avec ce qu’on avait. C’est mon frère qui l’a fait mais au final, il est sympa, moi je trouve que c’est vraiment le mood très printanier.

Ton single "Arrogance Bikini" sort le 10 juillet, tu as hâte ?   

E.H : Je suis trop contente. Je viens de tourner le clip là. On était dans les Landes, vers Biarritz, donc on aura un beau clip pour ça. Les images et le message à faire passer seront très clairs ! Donc j’ai hâte que ça sorte !

"Arrogance Bikini" est inspirée des années 60-70. Qu’est-ce que cette époque représente pour toi ?  

E.H : Tout le projet est inspiré par la nostalgie d’été, Brigitte Bardot… Depuis que je suis toute petite, on a une maison dans le sud vers Sainte-Maxime, Saint Tropez. C’est vraiment de là que toute l’idée du projet est née. J’ai toujours adoré cette nostalgie d’été et tout ce qui se passe dans les années 1950, 1960, 1970. J’adorai le style qu’ils avaient à cette période-là. Je trouvais qu'il y avait un peu ce côté ingénu, innocent et très terre à terre. Quand on écoute les chansons de Brigitte Bardot, tout ce qu’elle dit, toutes ses chansons du style "La Madrague", c’est très imagé. J’aime vraiment faire des choses comme ça. Je n’avais pas envie de me prendre la tête sur le texte et de faire des choses trop compliquées qui ne parlent pas aux gens. Je préfère vraiment parler comme nous on parle tous les jours. On est deux sur la chanson, c’est avec mon meilleur pote, Blowsom.  

Qu’est ce que tu racontes dans tes chansons, est-ce que tu racontes vraiment des histoires ?

E.H : J’ai toujours adoré écrire même quand j’étais petite. J’adorais écrire des histoires. Dans mes chansons, j’aime vraiment bien qu’il y ait un début, une fin et pas juste des mots à la volée comme ça. Ce ne sont pas que des images seulement. J’ai vraiment envie de raconter une histoire à chaque fois, dans chaque chanson.

Ton EP Cartes Postales sortira à l’automne, est ce qu’il est déjà prêt ?  

Emma Hoet : Tout est prêt mais il manque cette dernière chanson. J’ai fait un son pour France TV Slash qui a plutôt bien fonctionné. Les gens ont bien aimé donc je pense que je vais la sortir.

Est-ce que tu attends la sortie ou tu penses déjà à l’après ?

E.H : Je pense déjà à l’après ! Je continue à fond de faire d’autres chansons. J’ai pas du tout envie d’arrêter. Je n’ai pas envie de me retrouver à la fin de l’été et de me dire : « bon, maintenant il faut en refaire un ». Je préfère faire quand je le sens, quand l’inspiration vient. Je continue tout le temps à faire de la musique, c’est ce que j’adore faire.

 

Propos recueillis par Manon Blangis 

Photo : Joanna Doukov

 

 

Derniers articles