Antoine Elie : « J’ai hâte de retourner en studio »

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INTERVIEW – Le chanteur Antoine Elie est venu présenter la réédition de son album, « Roi du Silence : Prélude » dans « Storytelling » sur Fréquence ESJ. Il s’est également confié sur ses débuts parfois difficiles.

 

Sweat noir, bagues aux doigts, la guitare pas très loin. Antoine Elie a tout du look de rockeur. Il est pourtant loin des clichés : Antoine Elie est simple. C’est aussi un chanteur solitaire, selon ses mots. Il avoue avoir traversé des périodes plus sombres que d’autres. Avant son premier EP « Antoine Elie » en 2018, il explique que « globalement tout était dure. Je ne veux pas faire pleurer dans les chaumières, mais, comme nous tous je pense, durant la période crise d’ado, lycée : rien n’a de sens ». Après avoir quitté le lycée, il finit par se mettre à vivre de nuit. « J’avais plus peur de rien, j’étais parti pour le grand vide quoi ». Une période qui a très certainement nourri ses chansons. Aujourd’hui, c’est un tout autre Antoine Elie face à nous. Un Antoine Elie qui a su tracer son chemin dans le monde de la musique en signant notamment chez Polydor, label d’Universal Music.

« Victime des mots »

Son premier album, « Roi du Silence », est sorti l’année dernière. Le titre, Antoine Elie l’affectionne particulièrement : « j’aimais bien le côté paradoxal de l’idée. Moi, gamin, je ne sais pas à quel niveau du spectre autistique je pouvais être mais y avait un côté où je n’arrivais pas à m’exprimer. Je n’arrivais pas à me faire comprendre […] j’avais l’impression que les mots étaient plus un rempart à ce que je voulais dire ». Ce titre, cet album même, lui a permis en quelque sorte de « s’émanciper », de ne plus être « victime des mots ».

Son premier album studio est un succès notamment grâce à son single « La rose et l’armure ». L’idée d’une réédition s’est donc vite imposée. « Roi du Silence : Prélude » est sorti en février dernier. Cinq titres ont été ajoutés et choisis rapidement. « Quand l’idée de la réédition est sortie, on a balancé tout un tas de maquettes chez Polydor […] Les survivantes sont celles qu’on entend » explique Antoine Elie. Un remix de Kadebostany de « La rose et l’armure » figure parmi ces survivantes. Le chanteur assure n’y être pour rien mais avoir trouvé ça malin de la part du DJ « d’avoir cassé l’harmonie ».

« La guitare, c’est charnel »

Antoine Elie n’est pas que chanteur, il est aussi musicien. On le devine facilement, son instrument fétiche est la guitare.  « Mon père jouait de la guitare et il s’en était acheté pas mal. Quand je lui piquais les grattes, ça l’emmerdait. Du coup, je faisais d’une pierre deux coups » se rappelle le chanteur. Il est d’ailleurs venu avec une des guitares de son père qu’il utilise toujours. Fini la crise d’ado, l’instrument a pour lui une véritable valeur sentimentale. « La guitare, c’est charnel. Y a un truc, elle vibre sur ton ventre. Toi, t’as envie de vibrer avec. Au bout d’un moment, ça devient une partie de ton corps ». Il n’exclue pourtant pas de s’attaquer à d’autres instruments comme le piano : « j’adore le piano et je regrette d’avoir arrêté, vraiment. Je vais y retourner à un moment ou un autre. C’est un instrument qui me passionne ».

Sa passion pour la musique, Antoine Elie la tient donc en partie de son père, de ses nombreuses influences musicales, mais aussi, d’un groupe qui n’existe plus aujourd’hui et qui se produisait à Lillebonne, son « fief ». « C’était un groupe de pote que j’admirais. Parce qu’ils faisaient de la musique un peu funk. Ils jouaient très très bien.  Et puis moi j’étais dans ma chambre avec ma gratte et je rentrais d’un de leur concert sur Lillebonne dans un bar. Et je me souviens que j’essayais de retrouver les retournements à la gratte. C’était n’importe quoi ! ». Aujourd’hui, Antoine Elie refuse qu’on l’associe à du funk, du rock ou encore du rap. En somme, à aucun style musical. « J’ai l’impression que c’est un peu désuet cette histoire de styles musicaux ». « J’aime bien l’idée qu’on n’ait pas de barrières ».

Pas d’étiquette mais du 100% Antoine Elie est donc en préparation. Il confie qu’il a déjà de côté des « sons très excitants ». « J’ai hâte de retourner en studio. Il y en a un qui s’appelle « Géant de verre » qui m’excite royalement dès que je l’écoute. J’en suis extrêmement fière ». Ne reste plus qu’à être patient…

Regardez l'émission en vidéo 

 

Photo : Manon Blangis / Fréquence ESJ

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