Festival Rock in Evreux : une première édition réussie

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REPORTAGE - Les 23 et 24 juin derniers se jouait la première édition du festival Rock in Evreux. Sur fond de polémique, l’événement a fait bonne impression avec ses quelques 16 000 visiteurs le premier jour.

C’était la première édition du Rock in Evreux après la disparition du festival Le rock dans tous ses états. Auparavant organisé par l’association L’abordage, la ville a finalement décidé de prendre les rênes du festival Ebroïcien. Alors fin 2016, Guy Lefrand, maire Les républicains d’Evreux a six mois pour construire un festival de rock sur deux jours. Mais cette décision ne fait pas l’unanimité chez les locaux qui déplorent un petit arrangement entre amis chez les élus de la ville. « C’est dommage que l’argent vienne entacher un événement qui rassemble les gens autour de la musique » s’attriste un Ebroïcien. L’organisation du festival aurait été donnée à des proches du maire selon cette même personne. Cette petite polémique n’a pas été épargnée par certains groupes habitués du festival. Par exemple, un des membres de Talisco a souhaité remercier L’abordage « pour tout ce que cette association a fait pour la musique ici ». D’autres comme le déjanté Didier Wampas n’ont pas pu s’empêcher de lancer quelques piques en remerciant Le rock dans tous ses états pour l’invitation. Outre cette légère polémique, c’est néanmoins une première édition plutôt réussie pour la ville d’Evreux.

Une première journée en demi-teinte

Cette année, l’éclectisme était de mise. « Nous avons réussi, je pense, cette alchimie en proposant, par exemple, le vendredi Jain avec son univers naïf et léger, puis Trust. Deux univers très distincts qui correspondent à deux générations » rapporte le maire d’Evreux au journal Ouest-France. La programmation du festival était effectivement très riche en contrastes. Et même avec un nombre important de visiteurs – environ 16 000 –, les festivaliers ont dû attendre que Jain vienne remuer le public. Dommage pour les Slaughterhouse Brothers, passés en premier dans la journée, qui n’ont malheureusement pas bénéficié de la forte affluence des heures tardives de la soirée, malgré une prestation très prometteuse. Après Jain, c’était au tour des révoltés de Trust de s’illustrer. Désormais vieux de quarante ans, le groupe n’a toujours pas perdu son sang froid. Hormis ces trois groupes et artistes, rien n’est réellement parvenu à égayer les foules. Mais il suffisait d’être patient. Car la seconde journée, quant à elle, est un véritable succès.

Une seconde journée plus extrême

Enfin une journée marquée rock ‘n’roll et metal. C’est manifestement ce qu’attendait le public de ce festival. La journée a démarré en douceur avec le rock lancinant de Wolzovitch, mais le deuxième groupe, Headcharger, a électrifié le public. Entre pogos et mur de la mort, le groupe français a rapidement déchaîné une foule d’abord timide. Sont ensuite intervenus Les Wampas, Machine Gun Kelly et The Prodigy avec des performances scéniques impressionnantes entrecoupées d’artistes comme Lescop, The Limiñanas ou Peter Peter qui donnait un peu de répit à tous ces « metalheads ». Puis, comme pour conclure cette journée explosive, c’est le désormais célèbre groupe de metal français Gojira qui s’est exécuté. Malgré quelques problèmes de son, les Bayonnais d’origine ont pu pleinement exprimer leur puissance habituelle avec un jeu de lumière bouillonnant. Les deux journées se sont conclues sur des artistes plus orientés électro. Peut-être le résultat d’une envie de donner des allures de fête à l’événement.

Malgré une légère polémique qui n’a plus entaché le festival que ça, la première du Rock in Evreux a définitivement été une réussite. On peut notamment saluer l’effort d’une très grosse programmation pour un festival à taille humaine. Et même s’il y avait parfois de l’extrémisme dans l’éclectisme, les organisateurs ont semblé s’attacher à l’empreinte traditionnellement rock de la ville.