On écoute quoi en septembre ?

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CRITIQUES - Un deuil, un joli pôt de départ et un retour (presque) remarquable...

Nick Cave and the Bad Seed – Skeleton Tree

Ne passons par quatre chemins, le nouvel album de Nick Cave paraît sombre, difficile, rude, aride, tendu, sophistiqué, hostile à la première écoute. Pourtant, il n'est plus nécessaire de le nier : c'est l'un des meilleurs albums de l'année. De quoi se mettre sous la dent pour longtemps puisque Skeleton Tree représente parfaitement le réconfort après l'effort. Pour qu'il se découvre à nous, il faut lui accorder son temps, lui consacrer son heure. Les huits morceaux qui resplendissent de noirceur touchent et marquent au cœur. Ecrit en plein deuil de son fils, Nick Cave a su en tirer le meilleur de lui-même. Skeleton Tree est un magnifique hommage au son cette-fois dénué de guitares, où la voix surplombe l'orchestre, où les paroles vibrent aux tympans. Un coup de maître qui restera (on l'espère) momentané et inscrit dans son temps, puisque témoin d'une période de la vie de son artiste. Que le courage le stimule encore plus !

M.I.A – AIM

Elle fait tout. Peintre, réalisatrice, productrice, auteur, compositrice... Mathangi Arulpragasam alias M.I.A propose ici ce qui semble être son dernier album, AIM. Politique, engagé, et surtout entêtant, ce cinquième opus est tout sauf fainéant. 17 morceaux le compose, tous représentatifs d'un hip-hop expérimental et alternatif dont peu ont le secret. Pourtant, on remarque parfois une touche de minimalisme, ce qui n'entache pas la densité de l'ensemble, frappant de cohérence. Ce qui ressemblerait presque à un album-concept sous infusion des ambiances de Los Angeles reste avant tout un concentré electronique affiné des mains de Diplo et de Skrillex (entre autres). Urbain, puissant, AIM cultive ses refrains pour en faire des petites perles au fil des écoutes. Une belle réussite pour ce cadeau d'adieu. Symbole de la révérence d'une artiste dont son art florissant transpire de ses opinions. 

Les + : Borders, Go Off, Bird Song (Diplo's remix), Freedun, Foreign Friends, A.M.P (All My People), Ali R U Ok ?, Visa, Fly Pirates, Platforms... 
Le - : Bird Song

BASTILLE – WILD WORLD

Le groupe anglais revient en forme trois ans après leur première petite claque Bad Blood. Cette année, bouchée double : Wild World est un album colossal dont l'édition deluxe comporte 19 morceaux. La forme est réussie, mais le fond reste pourtant à discuter. On ressort apaisé de l'heure d'écoute, contents d'avoir retrouvé la voix de Dan Smith, mais un peu fatigués de ce « trop plein ». Car si Wild World puise sa force dans ses nouveaux hymnes efficaces, son innovation tend rapidement vers un négatif un peu embêtant, manque de personnalité prononcée. La grosse moitié des morceaux, réussis, carrés, ne peuvent cacher les quelques moments de transitions, « souless », comme on dit. Force est de constater que ces titres n'ont certainement pas tous leur place sur cet album, qui aurait mérité une réelle prise de risque (quitte à en décevoir plus d'un, pour en contenter d'autres néanmoins!). Wild World est comme un bon pote, avec qui on aime passer un joli moment, de temps en temps, mais qui ne possède pas la force de passer les échelons. Une belle tournée en perspective cependant.

Les + : Good Grief, The Currents, Warmth, Glory, Two Evils, Send Them Off !, Lethargy, Four Walls (The Ballad of Perry Smith), Fake It, Campus, Shame... 
Les - : Power, Blame, Snakes, Way Beyond...

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