La Femme ressort ses "Mystères"

La_Femme_Mystere.jpg

CRITIQUE - Près de trois ans après leur premier album, les musiciens de la Femme ouvrent le bal du mois de septembre. Entre ambiance de mégots écrasés et spleen à flot, ce second opus se révèle au-fur-et-à-mesure des écoutes plus dense que son prédécesseur… Un pas en avant ou du surplace ? Mystère…

Connaissez-vous La Femme ? Cet ovni musical, à mi-chemin entre Indochine (pour son penchant dancing-électro décomplexé) et le collectif éphémère Fauve (pour son côté incisif), a pour noyau… une femme. Un petit bout de voix fluet, doux et posé. Avec elle, ses compères aux voix quelconque et muscles saillants, échappés des 90’s. La machine à remonter le temps fonctionne pourtant au sein du projet. Avec Psycho Tropical Berlin, La Femme s’est imposé(e), l’emploi du féminin est ici un véritable casse-tête, comme « affaire à suivre de près ». Alors que le premier jet survoltait les tendances sulfurantes et la couleur rouge, ce second effort, intitulé Mystère, penche vers le bleu, le blues, la déprime… sans être mauvais.

« Chelou parmi les chelous »

Cette société, que La Femme nous dépeint tout au long de Mystère, n’est pas très joyeuse. C’est même déplorable, pourrait-on l’entendre dans le single Où va le monde ?, cris du coeur absolument véridique, tout en paraissant « naïf » (pour son côté simplement écrit). Il y a comme un goût de Nous étions deux (meilleur morceau du groupe à ce jour). Cependant, la musicalité des mots y est, elle est là, présente et détone du début à la fin. La cosmique Sphinx n’a rien à envier au dancefloor. Son rythme est pesant, fascinant et la voix impériale. Retour sur Terre avec Le vide est ton nouveau prénom, qui déplore l’oubli et le pardon amoureux. Un caractère commun, partagé avec la cruelle Elle ne t’aime pas.

Les guitares, toujours grésillantes, paraissent parfois éthérées et donnent le ton sarcastique de certains retranchements (Le chemin). Un peu de Chantal Goya par-ci avec Septembre (hymne rigolo pour la rentrée) et un peu de semi-trash par là avec Mycose, La Femme parle, crie et se lamente. Parfois, elle se réjouit et tombe amoureuse. Elle puise alors dans l’époque de son premier album, avec Tatiana. Joli jeu temporel. Le morceau rappelle indéniablement le début de « sur la planche, dans le sable, je recherche des sensations ». Puisque la vie est faite ainsi, revoilà la solitude. Le tableau de S.S.D est parisien, un peu sale, enfumé et pavé de morosité. Les poètes de La Femme subissent alors Vague, colossal morceau de 13 minutes, reprenant la structure visuelle de son nom, avec sa montée en puissance fatidique et son écrasement sur les rochers. Peu importe, la formation reste Always in the sun, « I know it’s hard to close your eyes ». La fin de l’album sonne électriquement et puissamment, comme à son commencement.

Un amour tropical

La formule La Femme manoeuvre en bon bord. Le triomphe de Psycho Tropical Berlin a dorénavant de quoi se renouveler. Mystère est intrigant, à la fois différent et similaire que son petit frère. Suffisant pour remettre la machine en marche et ravir les fans, tout en convainquant quelques sceptiques. Attention cependant à ne pas se reposer sur ses acquis, car le groupe a beau déborder d’inventivité, il emprunte par moment ses propres chemins, ce qui peut poser problème à l’avenir… En attendant, La Femme s’offre son Zénith, le 21 janvier 2017.

La Femme - Mystère - Sortie le 02 septembre 2016

Tracklist :
1- Sphinx
2- Le vide est ton nouveau prénom
3- Où vas le monde ?
4- Septembre
5- Tatiana
6- Conversations nocturnes
7- S.S.D
8- Exorciseur
9- Elle ne t’aime pas
10- Mycose
11- Tueur de fleurs
12- Al Warda
13- Psyzook
14- Le chemin
15- Vagues
16- Always in the sun

Derniers articles

Dernières vidéos