Michel Polnareff à l’Accorhotels Arena : une jolie communion nostalgique

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LIVE-REPORT - 9 ans après son grand retour, Michel Polnareff a réinvesti Bercy - récemment rebaptisée l’Accorhotels Arena - pour quatre concerts. Ce samedi 7 mai 2016, le vétéran a ouvert le bal en proposant un show énergique et très moderne, sans oublier la touche de nostalgie, inévitable par les temps qui courent.

Il est 20h52. Sur l’immense écran qui surplombe la scène de l’Accorhotels Arena, un compte à rebours commence. La foule trépigne d’impatience et chantonne en coeur un « Michel, Michel, Michel » fédérateur. Les lumières s’éteignent alors peu à peu, plongeant la salle dans un noir complet, tandis que le compte à rebours touche à sa fin. Noir complet, le spectacle peut commencer. Une scène bien fournie se dévoile à nous. Au centre, le Michel que tout le monde attendait, déambule entre ses musiciens, vêtu de ses lunettes caractéristiques et d’une veste noire accompagnée d’une chemise en queue de pie. Aux premiers abords, la formation a de quoi surprendre : deux guitaristes, deux batteries, quelques percussions et de nombreux synthés, accompagnés de choeurs qui aideront le show à prendre toute son ampleur.

Après de brèves salutations, le chanteur enchaîne avec Je suis un homme, morceau que le public ne se prive pas de reprendre, perruques enfilées, bracelets lumineux allumés. La machine est lancée. Le showman ravi ses fans avec La poupée qui fait non et L’amour avec toi. Entre Ophélie flagrant des lits et L’homme en rouge, Michel Polnareff communique avec son public, en blaguant parfois : « Avant ça s'appelait Bercy, maintenant, je sais très bien pourquoi ça s'appelle AccorHotels Arena. C’est parce que tout le monde est couché... Non seulement, je ne vous entends pas, mais je ne vous vois pas ! », ou le plus relevé : « Il y avait tellement de fleurs dans ma loge ce soir que j'ai cru que j'étais mort. Et bien non ! ». Entre les rires de son public, Polnareff renoue les liens avec son piano à queue magiquement apparu. Qui a tué grand maman, Lettre à France, Rosy, Le bal des Laze. De quoi ralentir un peu la cadence, mais cela n’enlève rien à l’ambiance maîtrisée du show.

Parfois, la pop est mise de côté pour le rock, avec Tam-tam, hymne où les musiciens prennent un plaisir fou (et le public aussi, du coup). Force est de constater que la voix de Michel Polnareff ne souffre de presque aucun faux rebond, montant parfois dans les aiguës, gardant son authenticité lorsqu’il est nécessaire. A ses côtés, les performances impeccables des musiciens laissent parfois bouche-bée, avec au programme des solos et quelques fulgurances de choeurs. Alors que les tubes s’enchainent du manière déconcertante, prouvant que Michel Polnareff possède, mine de rien, un répertoire musical d’une densité folle, un immense voile tombe sur la scène pendant L’homme qui pleurait des larmes de verre

Il est alors nécessaire de mentionner le plus gros point fort de ce show : la mise en scène. Effets de lumières et rayons futuristes, écrans et cubes animés en 3D traversant la foule… tout y est pour permettre une immersion totale. Globalement, la scénographie se révèle riche en modernité et changeante en fonction des morceaux. Ainsi, on en prend parfois pleins les yeux, et Polnareff en profite pour rendre à sa performance un aspect épique.

Alors que le concert touche à sa fin, la formation, dominée par ses choeurs, n’oublie pas de rendre hommage à Prince, disparu le mois dernier, en interprétant le classique Purple Rain. « Une preuve, une fois de plus, qu’il faut s’attacher à aimer et à écouter les artistes de leur vivant », déclare Polnareff, avant d’inviter son public à se rapprocher de la scène. Y’a qu’un cheveu était le passage folklorique obligé du concert, avant un rappel. Après Kâma-sutrâ et le karaoké On ira tous au Paradis, le chanteur salue ses musiciens nous fait sa révérence, avant de disparaître. Rideau.

Michel Polnareff se reproduira sur la scène de l’Accorhotels Arena le dimanche 8 mai, le mardi 10 mai ainsi que le mercredi 11 mai 2016

Photo Samuel Regnard/Fréquence ESJ

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